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07/12/2016 05:47 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Italie - l'AC Milan n'est toujours pas chinois mais ne s'en porte pas si mal

La vente de l'AC Milan à des investisseurs chinois a de nouveau été repoussée mercredi et les millions censés lui permettre de retrouver sa grandeur passée n'arriveront pas avant début mars. En attendant, le Milan réussit sa meilleure saison depuis des années en s'appuyant sur des jeunes, dont beaucoup ne lui ont rien coûté.

Le processus de vente du grand club lombard, engagé il y a déjà près de trois ans, n'en finit donc plus d'être retardé. Les premières négociations avec l'homme d'affaires thaïlandais Bee Taechaubol ont échoué en 2015 et celles en cours avec de mystérieux investisseurs chinois traînent en longueur.

Mercredi, la holding de Silvio Berlusconi Fininvest, et Sino-Europe Sports (SES), qui représente les acquéreurs chinois, ont annoncé dans un communiqué conjoint que la date limite pour l'officialisation de la vente était repoussée du 13 décembre au 3 mars.

"Il y a des autorisations qui doivent être délivrées par les autorités chinoises. Ils nous ont donné des garanties quant à l'existence des fonds mais eux aussi attendent ces autorisations", avait déclaré Berlusconi le 26 novembre, anticipant l'annonce de mercredi.

Depuis des mois, les deux parties assurent pourtant de leur optimisme quant à l'issue des discussions et le versement prévu d'un nouvel acompte de 100 millions d'euros par SES avant le 12 décembre doit faire office de garantie supplémentaire. S'il se confirme, les Chinois auront donc déjà payé 200 millions d'euros sur les 740 prévus, reprise de la dette comprise.

En attendant, le communiqué publié mercredi précise que "jusqu'au closing, la gestion de l'AC Milan restera basée sur le principe de décisions partagées" par les deux parties.

Mais l'avenir du grand Milan, sept fois champion d'Europe, est-il en Chine ou à Milanello, son centre d'entraînement et de formation ?

Car si les millions des Chinois font rêver les tifosi, c'est bien en s'appuyant par la force des choses sur un modèle low-cost que le club lombard réussit actuellement sa meilleure saison depuis des lustres.

- L'Inter en contre-exemple -

"Si la vente ne se fait pas, je devrai reprendre le Milan et je le ferai avec plaisir. Et je changerai de stratégie, ce sera un Milan entièrement italien et très jeune", a répété Berlusconi le 23 novembre.

C'est en fait déjà un peu le cas. Donnarumma (17 ans), Locatelli (18 ans), Romagnoli (21 ans), De Sciglio (24 ans), Niang (21 ans), Suso (23 ans): tous sont titulaires dans l'équipe de Vincenzo Montella et les quatre premiers sont Italiens.

D'autres, comme Calabria (20 ans) ou Pasalic (21 ans), trouvent aussi du temps de jeu et le Milan est désormais l'une des plus jeunes, si ce n'est la plus jeune, des équipes de Serie A.

Et ça marche ! La victoire obtenue en octobre contre la Juventus Turin, qui portait la signature de Locatelli, buteur, et de Donnaruma, auteur de plusieurs arrêts décisifs, avait ramené les rossoneri à la deuxième place du classement, un rang qu'ils n'avaient plus occupé depuis quatre ans.

A 15 jours de la trêve, le Milan est encore troisième aujourd'hui, à égalité de points avec l'AS Rome (2e), à qui elle rendra visite lundi.

L'équipe bâtie par Montella n'a rien de génial mais par rapport aux errements des dernières années (8e, 10 et 7e des trois dernières saisons), elle a retrouvé une cohérence et des vertus mentales.

L'annonce de mercredi signifie que ce groupe, largement issu de la formation milanaise, devrait avoir sa chance jusqu'à la fin de saison, au moins, puisque le mercato de janvier se fera avec les caisses vides.

Certains tifosi regretteront sans doute de ne pas voir arriver de grands noms mais pour se consoler, ils pourront regarder ce qui se passe chez le voisin.

Désormais détenu par des Chinois, l'Inter Milan dépense sans compter pour un bilan épouvantable: les nerazzurri sont seulement 10e de Serie A, ont été éliminés piteusement dès les poules de l'Europa League et sont toujours pénalisés par les sanctions liées au fair-play financier.

stt/chc