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07/12/2016 07:18 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

GB: le parlement doit voter sur le calendrier du Brexit

Les députés britanniques vont se prononcer mercredi soir sur la date du 31 mars choisie par Theresa May pour lancer le divorce avec l'Union européenne, une condition posée par la Première ministre pour dévoiler sa stratégie.

Cette motion, débattue tout l'après-midi, devrait être soumise au vote vers 19H00 GMT. Elle intervient alors que la Cour suprême se penche pour le troisième jour consécutif sur le rôle du parlement britannique dans le lancement des négociations de sortie de l'UE.

Rédigé par l'opposition travailliste puis amendé par le gouvernement, ce texte prévoit que Theresa May accepte de dévoiler ses intentions quant au Brexit à la condition que le parlement appelle "le gouvernement à invoquer d'ici le 31 mars 2017 l'article 50" du traité de Lisbonne, ce qui lancera la procédure de divorce avec l'UE.

Le débat parlementaire autour de cette motion -- non-contraignante -- est présenté par la presse eurosceptique comme "une épreuve de force" entre le gouvernement et les députés europhiles susceptibles de vouloir retarder le lancement des négociations.

"Notre amendement s'adresse aussi à ceux qui (...) disent respecter le résultat du référendum mais dont le comportement suggère qu'ils feront tout pour contrarier ou faire dérailler" le Brexit, a déclaré le ministre du Brexit David Davis aux députés.

L'amendement du gouvernement appelle le parlement à "respecter le souhait exprimé par le Royaume-Uni lors du référendum du 23 juin" de quitter l'UE, alors que la majorité des députés étaient en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l'UE.

"Le vote de ce soir sera la première occasion pour les membre de cette chambre de décider si, oui ou non, ils soutiennent le calendrier du gouvernement", a souligné David Lidington, le leader de la chambre des Communes.

L'amendement gouvernemental suggère une manoeuvre pour empêcher toute rébellion au sein de la majorité, alors que jusqu'à 40 députés conservateurs étaient susceptibles d'appuyer le texte de l'opposition travailliste.

"La motion du parti travailliste est éminemment pertinente et mérite d'être soutenue", avait ainsi déclaré l'une des rebelles, la députée conservatrice pro-UE Anna Soubry.

- 'Un piège' -

Pour le porte-parole du parti travailliste sur le Brexit, Keir Starmer, "la priorité du Labour a toujours été d'obtenir l'assurance du gouvernement qu'un projet minimal sur le Brexit sera publié avant l'activation de l'article 50", qualifiant de "victoire" le fait que "le gouvernement s'engage à publier un projet".

Néanmoins, certains commentateurs notent que cet engagement était particulièrement vague.

Theresa May a d'ores et déjà exposé ce qu'elle considère comme étant son plan: obtenir "le meilleur accord possible" pour le Royaume-Uni en matière d'échanges commerciaux avec l'UE, multiplier les accords commerciaux bilatéraux en dehors du bloc européen et contrôler l'immigration.

De plus, la motion du Labour stipule qu'"il ne doit pas y avoir de divulgation d'informations qui pourrait raisonnablement être jugée comme étant nuisible au Royaume-Uni dans les négociations". Une clause offrant toute latitude à Theresa May pour rester vague.

Keir Starmer a assuré que son parti continuerait de faire pression sur le gouvernement si son projet n'est "pas assez détaillé" mais pour le député travailliste Ben Bradshaw, tout ceci est "un piège".

"Je ne voterai pas aujourd'hui pour activer l'article 50 d'ici à mars alors que nous n'avons aucune idée du type de Brexit que le gouvernement compte chercher à obtenir", a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Interrogé sur la concomitance entre l'amendement et l'examen par la Cour suprême du recours du gouvernement contre la décision de justice de le contraindre à consulter le parlement avant de lancer les négociations, une porte-parole de Downing Street a affirmé que c'était des "questions distinctes".

Dans le cas où la cour Suprême confirme la décision de la Haute Cour, le gouvernement devrait soumettre au parlement un projet de loi très bref autorisant le déclenchement de l'Article 50. Un texte qui pourrait être très semblable à l'amendement du gouvernement.

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