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07/12/2016 14:27 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Fusillade dans une église noire de Charleston: le procès de Dylann Roof s'ouvre

CHARLESTON, S.C. — Dylann Roof, l'homme de 22 ans accusé d'avoir tué neuf paroissiens noirs dans une église de Charleston, en Caroline du Nord, voulait délibérément déclencher une guerre entre Noirs et Blancs, a soutenu le procureur au premier jour du procès, mercredi.

Un jury composé de membres d'origines ethniques diverses devra déterminer la culpabilité de Dylann Roof à 33 chefs d'accusation, dont plusieurs de crimes haineux. Le présumé tireur risque la peine de mort.

Les procureurs ont soutenu, mercredi, que le jeune homme s'était rendu à l'Église épiscopale méthodiste africaine Emmanuel, le 17 juin 2015, dans le but de tenter de lancer une guerre raciale.

«Le racisme», «la violence» et «l'attaque d'un lieu de culte» commis par M. Roof ne triompheront pas, a soutenu le procureur adjoint Jay Richardson.

Le procureur a relaté que l'accusé avait assisté à la messe qui avait lieu le jour de la fusillade pendant une demi-heure avant d'ouvrir le feu. Il serait passé à l'acte au moment où les paroissiens fermaient leurs yeux pour prier.

L'une des victimes, le pasteur Clementa Pinckney, avait tendu un exemplaire de la Bible à M. Roof afin qu'il puisse prendre part aux activités de la paroisse, ont relevé les procureurs. M. Pinckney était aussi sénateur de la Caroline du Nord.

Me Richardson a par ailleurs indiqué aux jurés, mercredi, qu'ils entendraient, au cours du procès, l'accusé prononcer un manifeste appelant à une guerre raciale. L'avocat a soutenu que ce dernier avait proféré des insultes durant le massacre et a dit qu'il souhaitait tuer des Noirs parce qu'il croyait que ceux-ci violaient les femmes blanches et s'emparaient du pays.

«Il a appuyé sur la gâchette de son .45 de marque Glock à plus de 70 reprises» a dit M. Richardson.

Trois personnes ont survécu à l'attaque.

Vêtu d'une combinaison rayée de prisonnier, Dylann Roof est resté de marbre, mercredi, fixant la table qui se trouvait devant lui. Son avocat, David Bruck, a réitéré que son client devrait être épargné de la peine capitale.

M. Roof est prêt à plaider coupable si cette possibilité est écartée, ce que les procureurs refusent.