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07/12/2016 06:23 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Egypte: le parquet a interrogé les policiers ayant enquêté sur un étudiant italien

Le parquet égyptien a annoncé mercredi avoir interrogé des policiers ayant enquêté sur l'étudiant italien Giulio Regini quelques jours avant son enlèvement, dans le cadre d'une enquête sur la disparition du jeune homme retrouvé mort en janvier au Caire.

Aucune indication n'a toutefois été donnée par le parquet, dans son communiqué mercredi, quant à de possibles suspicions sur les policiers.

Dans le même communiqué, le parquet égyptien a aussi indiqué que des policiers qui ont tué un groupe de criminels en mars en assurant avoir retrouvé les effets personnels de l'étudiant au domicile de la femme du chef du gang, ont également été interrogés.

La thèse de l'enlèvement par le gang n'a pas été prise au sérieux en Italie, où les médias ont soutenu la thèse d'une implication policière.

L'étudiant italien de 28 ans avait disparu le 25 janvier dernier en plein coeur du Caire. Son corps avait été retrouvé neuf jours plus tard en bordure d'autoroute dans la banlieue de la capitale, atrocement mutilé et torturé.

Malgré les démentis du gouvernement égyptien, la presse italienne et les milieux diplomatiques occidentaux soupçonnent des membres de l'un des services de sécurité égyptiens d'avoir enlevé et torturé à mort M. Regeni.

Doctorant de l'université britannique de Cambridge, il était en Egypte pour effectuer une thèse sur les mouvements ouvriers, un sujet sensible pour un gouvernement qui craint les grèves et les troubles sociaux.

L'Egypte a nié avec vigueur une possible implication de membres de sa police dans l'enlèvement et la disparition de M. Regeni.

"Le procureur égyptien a expliqué clairement que la police a cessé son enquête (sur Regeni) lorsqu'il est devenu évident que ses activités ne menaçaient pas la sécurité nationale", précisé le communiqué du parquet.

Des responsables de la police avaient initialement suggéré que la mort pouvait être due à un accident de la circulation.

Une autopsie réalisée en Italie avait ensuite montré que le corps était couvert de coupures et qu'il avait plusieurs fractures, indiquant que le jeune homme avait été battu avec "poings, bâtons et marteaux".

Et la lettre "X" était gravée sur son front et ses mains, selon le rapport cité par les médias italiens.

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