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07/12/2016 09:12 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Burundi: visite du facilitateur pour relancer un dialogue au point mort

Le facilitateur dans la crise burundaise, l'ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, est arrivé à Bujumbura mercredi pour une visite de trois jours dans ce pays, en vue de relancer un dialogue interburundais en panne depuis des mois, a constaté un photographe de l'AFP.

M. Mkapa, venu "sur invitation" de la présidence burundaise, doit s'entretenir jeudi avec le président Pierre Nkurunziza. Il doit également rencontrer les partis et acteurs politiques restés au Burundi, la société civile, ainsi que des représentants des confessions religieuses et de la communauté internationale, selon un programme obtenu par l'AFP.

M. Mkapa vient au Burundi après avoir rendu publique une feuille de route qui prévoit des consultations avec tous les protagonistes de ce conflit qui devraient se conclure par un accord politique en juin 2017 au plus tard.

Mais il "devra d'abord convaincre le président Nkurunziza et son parti d'accepter de négocier avec l'opposition", a rappelé sous couvert d'anonymat un diplomate en poste au Burundi. "Je ne dis pas que c'est mission impossible, mais ça y ressemble au stade actuel", a-t-il insisté.

Bujumbura refuse de négocier avec le Cnared, une plate-forme qui regroupe la quasi-totalité de l'opposition burundaise, malgré les pressions et les sanctions de la communauté internationale.

Le président Nkurunziza va dire à M. Mkapa que "le Burundi souhaite un rapatriement du dialogue dans le pays pour permettre à la majorité de gens d'y participer, comme la population l'a d'ailleurs demandé à travers les séances du dialogue interne", a indiqué à l'AFP son porte-parole adjoint, Jean-Claude Karerwa Ndenzako.

M. Nkurunziza devrait également rappeler au facilitateur que le gouvernement burundais refuse de s'asseoir à la même table que l'opposition en exil, accusée d'être derrière une tentative de putsch en mai 2015 et les violences actuelles.

Il "lui demandera de convaincre l'opposition de cesser de jouer les prolongations et de se préparer à l'échéance électorale de 2020", a poursuivi M. Ndenzako. "Les élections de 2015 sont derrière nous", a martelé le porte-parole.

Le Burundi est plongé dans une grave crise depuis la candidature en avril 2015 de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et son élection en juillet de la même année. Les violences ont fait plus de 500 morts et poussé plus de 300.000 personnes à quitter le pays.

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