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07/12/2016 12:08 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Brésil : la Cour suprême maintient à son poste le président du Sénat (officiel)

La Cour suprême du Brésil a décidé mercredi de maintenir à son poste le président du Sénat Renan Calheiros, revenant sur la suspension prononcée lundi par un de ses juges, ultime rebondissement de la crise institutionnelle qui sévit dans ce pays.

Cette décision apparaît comme un soulagement pour le président Michel Temer et son gouvernement qui cherche à faire adopter au Parlement son impopulaire programme d'austérité en pleine récession. M. Calheiros est membre du parti de centre-droit PMDB du chef de l'Etat.

La plus haute juridiction du Brésil, réunie en session plénière, a toutefois décidé d'exclure le président du Sénat, troisième personnage de l'Etat, de la ligne de succession présidentielle.

Lundi, le Brésil s'était enfoncé un peu plus dans une crise institutionnelle à l'issue imprévisible, après la décision du juge Marco Aurelio Mello du Tribunal suprême fédéral (STF) de suspendre de ses fonctions Renan Calheiros "avec effet immédiat".

Quatre jours plus tôt, la plus haute juridiction du pays avait en effet décidé qu'elle jugerait M. Calheiros pour détournements de fonds publics dans l'une des douze procédures pénales le visant pour des faits présumés de corruption.

Saisi par un parti écologiste, le juge Mello avait fondé son ordonnance sur un récent arrêt du STF encore non entré en vigueur, stipulant qu'une personnalité inculpée ne pouvait occuper une fonction dans l'ordre de succession présidentiel.

Mardi matin, les événements se sont précipités : le Sénat brésilien a bravé mardi la décision de ce juge en annonçant qu'il maintenait dans ses fonctions son président dans l'attente de la délibération collégiale finale du STF.

Mercredi, les juges ont en revanche dénoncé cette décision su Sénat.

"Une décision de justice doit être respectée afin que règne l'ordre judiciaire et non pas la volonté de tout un chacun", a déclaré la présidente de la Cour suprême.

Indéboulonnable cacique de la vie politique brésilienne, élu sénateur pour la première fois en 1994, M. Calheiros s'est dernièrement illustré en prenant la tête d'une fronde parlementaire contre les magistrats anti-corruption en charge de l'enquête sur l'énorme scandale de corruption Petrobras.

Dimanche, des dizaines de milliers de Brésiliens de droite ont manifesté à travers le pays en défense des magistrats anti-corruption et contre M. Calheiros.

Cette crise institutionnelle plombe les efforts du gouvernement Temer pour redresser la situation du pays.

Successeur impopulaire de la présidente de gauche Dilma Rousseff, destituée fin août par le Sénat, M. Temer a adressé mardi au parlement un projet de réforme du régime déficitaire des retraites qui durcit les conditions en fixant l'âge minimum de départ à 65 ans et la durée de cotisations à 49 années.

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