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07/12/2016 08:25 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Biens mal acquis: la CIJ ne suspend pas le procès de Teodorin Obiang en France

La Cour internationale de justice (CIJ) a prié mercredi la France de garantir la protection de locaux parisiens présentés par la Guinée équatoriale comme abritant sa mission diplomatique jusqu'au terme du procès du fils du président équato-guinéen poursuivi en France.

"La France doit, dans l'attente d'une décision finale en l'affaire, prendre toutes les mesures dont elle dispose" envers les locaux situés dans le quartier chic de l'avenue Foch pour "assurer leur inviolabilité", a déclaré le juge qui est chargé de l'affaire, Abdulqawi Ahmed Yusuf.

Le fils du président, Teodorin Obiang, sera ainsi jugé à partir du 2 janvier devant le tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire des "biens mal acquis", la CIJ n'ayant pas exigé la suspension des poursuites judiciaires françaises à son encontre malgré la demande équato-guinéenne.

Vice-président de son pays depuis juin, il est accusé par la justice française d'avoir pillé les caisses de l'Etat et d'avoir acheté des propriétés somptueuses dans les endroits les plus chers du monde.

Le fils de Teodoro Obiang, qui dirige la Guinée équatoriale d'une main de fer depuis 1979, est soupçonné de s'être frauduleusement bâti en France un patrimoine de plusieurs dizaines de millions d'euros.

Ce patrimoine comprend notamment l'hôtel particulier de 4.000 mètres carrés situé dans le 16e arrondissement, un des quartiers les plus luxueux de Paris.

En 2012, ce bâtiment qui fait l'objet de l'ordonnance de la CIJ avait été saisi sur ordre des juges d'instruction, ainsi que des voitures de luxe, des oeuvres d'art, des bijoux et des vins fins.

Pour la Cour basée à La Haye, une nouvelle perquisition pourrait être menée dans le cadre de l'audience au fond à la demande du tribunal parisien.

"S'il était avéré que le bâtiment abrite les locaux de la mission diplomatique de la Guinée équatoriale, les activités journalières de cette mission, représentation d'un Etat souverain, courraient le risque d'être sérieusement entravées", a ajouté M. Yusuf.

La Cour a également rejeté mercredi la demande de la France d'ignorer la requête équato-guinéenne. L'avocat français avait assuré que la CIJ n'était pas compétente.

Lors des débats, la France avait assuré mi-octobre que Malabo avait tenté de "déguiser un immeuble privé en un bien public à usage diplomatique".

Affirmant que Teodorin Obiang bénéficiait de l'immunité diplomatique, la Guinée équatoriale s'était dite "profondément offensée par la manière injuste et insultante" dont elle est traitée en France.

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