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07/12/2016 03:27 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

Allemagne: procès pour un attentat islamiste anti-sikh

Trois adolescents ont comparu mercredi dans l'ouest de l'Allemagne pour une attaque aux motivations "islamistes" à l'explosif artisanal, selon l'accusation, qui avait fait trois blessés en avril lors d'un mariage dans un temple sikh.

Tous nés en Allemagne et âgés de 16 ans au moment des faits. Les accusés sont jugés à huis clos pour "tentative de meurtre", "blessures corporelles graves" et "dégradations matérielles" par la chambre des mineurs du tribunal d'Essen, au moins jusqu'au 22 février prochain.

Radicalisés au contact de salafistes, les trois garçons se sont rencontrés sur les réseaux sociaux, rejoignant avec d'autres adolescents un groupe du service de messagerie instantanée WhatsApp qui envisageait le meurtre d'"infidèles", selon les enquêteurs.

L'accusation leur reproche d'avoir fabriqué une bombe artisanale, en plaçant dans un extincteur des produits chimiques commandés sur un site de commerce en ligne.

L'un d'eux est seulement accusé d'avoir pris part à la préparation, mais les deux autres sont soupçonnés d'avoir déclenché la détonation le 16 avril au soir à l'extérieur d'un temple sikh où était célébré un mariage, blessant trois hommes dont un grièvement.

Neriman Yaman, mère de l'un des accusés, Yusuf, a raconté la dérive de son fils et l'aide qu'elle a cherchée auprès des autorités et des mosquées dans un livre, "Mon fils, le salafiste".

Née en Turquie, elle a vu le jeune garçon s'orienter à 14 ans vers une version radicale de l'islam, regarder des prédicateurs arabophones sur Internet, rejoindre un groupe qui distribuait des corans dans la rue, épouser une adolescente couverte d'une burqa, et même suivre en vain un programme de déradicalisation conduit par les services de renseignement.

"En tant que parents, nous étions impuissants", expliquait-elle il y a quelques semaines à la presse. "L'autre côté était plus fort que nous (...) Mon seul réconfort, dans ce grand malheur, est que personne n'ait été tué".

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