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07/12/2016 09:16 EST | Actualisé 08/12/2017 00:12 EST

150 officiers turcs ont quitté le commandement de l'Otan depuis juillet

Environ 150 officiers turcs ont quitté les structures de commandement de l'Otan où ils servaient à la suite du coup d'Etat manqué contre le régime du président Erdogan le 15 juillet, a indiqué mercredi le général américain à la tête des forces alliées en Europe, Curtis Scaparrotti.

"L'armée turque a vu un nombre assez importants de ses officiers emprisonnés, certains ont été rappelés d'ici (de Bruxelles), d'autres qui travaillaient aussi pour nous ont pris leur retraite", a déclaré le général Scaparrotti devant des journalistes, en marge d'une réunion de l'Otan à Bruxelles.

Il a expliqué que ces départs, contraints ou souhaités, après le coup avorté et la répression qui a suivi, concernaient "environ 50%" des officiers turcs servant dans le Commandement allié Opérations (ACO), soit quelque 150 militaires.

"Cela a un impact" sur le fonctionnement du commandement, "ça met une charge supplémentaire sur ceux qui restent", a-t-il poursuivi. Le général américain a toutefois précisé que "un peu plus de la moitié" des 150 départs avaient déjà été remplacés.

Il s'est dit "inquiet" pour les officiers ayant été rappelés et leurs familles. "Dans certains cas, je ne comprends vraiment pas ce que leur réserve l'avenir", a ajouté le général Scaparrotti.

Les sites concernés par les départs sont le SHAPE, le quartier général stratégique de l'Otan à Mons en Belgique, et les deux autres QG de l'ACO, à Naples (Italie) et Brunssum (Pays-Bas).

Le 18 novembre le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, avait révélé que plusieurs officiers turcs avaient demandé l'asile dans des pays de l'Otan où ils servaient, à la suite des purges menées après la tentative de coup d'Etat. Il n'avait précisé ni le chiffre, ni les pays concernés.

Une base de l'Otan à Ramstein (ouest de l'Allemagne) a connu plusieurs défections de gradés turcs, selon la presse allemande.

Le cas le plus médiatisé concerne huit militaires turcs qui ont fui en Grèce le 16 juillet. La justice grecque a accepté mardi l'extradition vers la Turquie de trois d'entre eux, présumés putschistes, au lendemain d'une décision inverse en faveur de trois autres officiers turcs réclamés par Ankara.

De nombreux militaires mais aussi des fonctionnaires turcs se sont réfugiés dans divers pays européens après la tentative de coup d'Etat et la purge tous azimuts déclenchée par le régime turc.

mad/agr/mct