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04/12/2016 22:33 EST | Actualisé 05/12/2017 00:12 EST

Les marchés en Asie plient modérément après la démission de Renzi

L'euro est tombé au plus bas depuis 20 mois lundi après la victoire massive du non au référendum italien suivie de la démission de Matteo Renzi, et les marchés boursiers ont fléchi en Asie sans pour autant céder à l'inquiétude.

Dès la diffusion des sondages réalisés à la sortie des urnes, donnant le non à près de 60% des voix, la monnaie unique a décroché, touchant 1,0506 dollar autour de 08H20 (dimanche 23H20 GMT), contre 1,0664 vendredi à New York.

Il s'agit du niveau le plus faible depuis mars 2015: l'euro était alors tombé à 1,0458 dollar.

L'euro s'est toutefois rapidement redressé et oscillait autour de 1,0565 dollar vers 07H00 GMT, signe de la relative sérénité des cambistes. "Si le référendum est rejeté, ce ne sera pas la fin du monde", avait commenté Fabio Fois, économiste chez Barclays basé à Londres, interrogé avant le vote par l'agence Bloomberg News.

Dans le même temps, le yen, valeur refuge, se renforçait. Le dollar glissait à 112,88 yens aux premières heures de la matinée à Tokyo, contre 113,51 yens vendredi, avant de remonter.

A l'unisson, la Bourse de Tokyo se repliait (-0,82% à la clôture pour l'indice vedette Nikkei). Ailleurs dans la région, Hong Kong (-0,75%) évoluait aussi dans le rouge, tandis que Séoul (-0,37%) et Sydney (-0,80%) ont fini sur une note négative.

Les Italiens ont massivement rejeté dimanche la réforme constitutionnelle qui prévoyait essentiellement de réduire les pouvoirs du Sénat ainsi que de limiter les attributions des régions et de supprimer les 110 provinces.

- 'Pas une surprise' -

Matteo Renzi, 41 ans, arrivé au pouvoir en février 2014 sur un programme de réformes, a aussitôt annoncé sa démission, tirant les conséquences d'un référendum sur lequel il s'était totalement engagé.

Cette décision ouvre une période d'incertitudes pour l'économie italienne qui reste à la traîne en Europe, avec un secteur bancaire éreinté par la crise financière et criblé de créances douteuses. Des craintes de faillite ressurgissent régulièrement.

"Le Premier ministre Renzi était clairement un dirigeant réformiste, sa défaite face aux forces populistes est source d'inquiétudes pour l'ensemble de l'Europe", a estimé auprès de l'AFP Yunosuke Ikeda, chargé des changes chez Nomura Securities.

"Toutefois, ce résultat était attendu, ce n'est pas une surprise au sens de ce qui s'est passé au moment du Brexit ou de la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis (en novembre)", a-t-il ajouté.

Le gouverneur de la Banque de France, présent à Tokyo, s'est lui aussi montré rassurant. Le vote italien "ne peut être comparé au référendum britannique: les Italiens ont été appelés aux urnes pour se prononcer sur un sujet constitutionnel interne, et non sur l'appartenance de longue date de l'Italie à l'UE", a-t-il déclaré à l'occasion du 20e Forum financier international organisé par Paris Europlace.

L'Italie est un "pays solide avec des autorités solides" qui pourra faire face à la période d'incertitude qui s'ouvre, a pour sa part estimé le Commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici.

En outre, les marchés ont pu être soulagés par l'échec de l'extrême droite autrichienne qui n'a pas remporté dimanche la présidence de la République sur fond de poussée populiste en Europe. Son candidat Norbert Hofer a essuyé, selon les projections, une nette défaite face à l'écologiste Alexander Van der Bellen.

Si l'impact restait limité en Asie, la réaction des places financières européennes, sera suivie avec attention. Le taux d'emprunt à 10 ans de l'Italie grimpait lundi à 2,027% contre 1,902% vendredi à la clôture.

La Banque centrale européenne (BCE), qui tient jeudi sa dernière réunion de politique monétaire de l'année, pourrait accélérer ses achats d'actifs en cas de besoin pour calmer les marchés.

A plus long terme, "la perspective d'élections aux Pays-Bas, en France, en Allemagne, en Italie va maintenir l'euro sous pression. Il pourrait reculer à 1,02 dollar en janvier-mars", pronostique Daisuke Karakama, économiste en chef chez Mizuho Bank, cité par Bloomberg, d'autres prédisant même la parité, un seuil inédit depuis 2002.

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