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05/12/2016 10:29 EST | Actualisé 06/12/2017 00:12 EST

Le peu diplomatique Donald Trump se cherche un diplomate en chef

Le suspense se poursuivait lundi sur la personnalité que choisira Donald Trump pour représenter les Etats-Unis dans le monde, un poste exigeant et dans l'ombre permanente du futur président, dont les récentes saillies sur Twitter rompent avec tous les codes diplomatiques.

Donald Trump a nommé à ce jour 12 membres de sa future équipe, notamment Défense, Justice, Trésor, CIA, ONU, Santé et Commerce: un rythme plus rapide que pour ses prédécesseurs.

Alors que le cercle de finalistes pour le poste de secrétaire d'Etat, deuxième membre du cabinet derrière le vice-président, avait un temps paru se resserrer, une nouvelle escouade de candidats s'est manifestée, dont certains à la notoriété relativement faible mais réputés "Trumpo-compatibles".

Outre l'ex-maire de New York Rudy Giuliani et l'ancien candidat à la présidentielle Mitt Romney, le patron d'Exxon Mobil, un parlementaire californien et un ancien ambassadeur en Chine sont ouvertement dans la course pour diriger la prochaine diplomatie américaine. Même l'ancien général James Stavridis, qu'Hillary Clinton avait envisagé comme vice-président, serait sur la liste.

La publicité donnée à ces auditions semble être une volonté délibérée de Donald Trump, passé maître dans l'art de créer le suspense médiatique: ainsi, son équipe de transition annonce chaque matin la liste de tous les rendez-vous du milliardaire populiste, qui reçoit dans la tour new-yorkaise où il réside et où sa garde rapprochée travaille.

Il a invité mardi dernier la presse à le photographier au restaurant étoilé Jean-Georges de New York en compagnie de son ex-contempteur Mitt Romney.

Ce week-end, le nom du républicain Dana Rohrabacher s'est ajouté à la liste des prétendants, selon le Washington Examiner, dans un éventuel "ticket" avec le néoconservateur John Bolton, possible numéro deux dans une étrange synthèse, puisque M. Bolton est fermement opposé à la Russie, contrairement à M. Trump.

"Je suis absolument d'accord avec le président élu, notamment en ce qui concerne l'établissement de relations positives avec la Russie afin de vaincre l'islam radical", a déclaré Dana Rohrabacher lundi sur Fox News, l'une des chaînes surveillées de près par Donald Trump.

Le nom de Jon Huntsman, ancien gouverneur républicain de l'Utah et ancien ambassadeur en Chine de Barack Obama, est également apparu.

Le patron d'Exxon Mobil, Rex Tillerson, doit se rendre mardi à la Trump Tower. Il pourrait être l'un des grands patrons à rejoindre l'équipe gouvernementale du milliardaire, qui a promis de "curer le marigot" de Washington en recrutant en dehors des élites politiques traditionnelles.

- Al Gore -

Pour l'instant, le 45e président américain a jonglé entre des nominations de fidèles et de "durs", notamment à la Justice (Jeff Sessions) et au conseil de sécurité nationale (Michael Flynn), et des personnalités moins controversées, comme le général à la retraite James Mattis à la Défense ou la jeune gouverneure Nikki Haley à l'ONU.

Comme promis, ses consultations sont larges et incluent la société civile, des chefs d'entreprises et même quelques démocrates.

Il a ainsi reçu lundi Al Gore, ancien vice-président de Bill Clinton et champion de la lutte contre le changement climatique, concrétisant sa promesse de garder l'esprit ouvert sur ce sujet brûlant, alors que le reste du monde craint qu'il n'annule l'accord de Paris de 2015.

Le président républicain a nommé lundi un ancien rival des primaires républicaines qui s'était ensuite rallié avec enthousiasme, le neurochirurgien à la retraite Ben Carson, très aimé des chrétiens évangéliques et premier Noir à rejoindre l'administration, en tant que secrétaire au Logement et au Développement urbain.

Mais c'est bien la nomination du prochain chef de la diplomatie qui est la plus attendue.

Cet homme, car aucune femme ne semble à ce jour tenir la corde, devra s'accommoder du plaisir pris par Donald Trump à s'affranchir des usages diplomatiques.

Le milliardaire a ainsi, en un coup de fil et quelques tweets, tendu la relation avec la Chine, qu'il a constamment accusée durant la campagne de piller l'économie américaine.

Il a d'abord accepté un appel de félicitations de la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, alors que Washington ne reconnaît officiellement que le gouvernement chinois de Pékin depuis 1979, selon la politique de la "Chine unique".

"Il est difficile de déterminer avec exactitude ce qu'était l'objectif du président élu", a diplomatiquement commenté lundi Josh Earnest, porte-parole de la Maison Blanche.

Puis Donald Trump a vivement critiqué dimanche sur Twitter les politiques monétaire et de défense de Pékin.

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