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05/12/2016 06:11 EST | Actualisé 06/12/2017 00:12 EST

Grèce : la justice rejette la demande d'Ankara d'extrader trois militaires turcs

La justice grecque a rejeté lundi la demande turque d'extradition de trois militaires turcs ayant fui en Grèce après le coup d'Etat avorté en Turquie, estimant que leur vie y serait en danger, a-t-on appris de source judiciaire.

Ankara a réclamé l'extradition de ces militaires, réfugiés en Grèce avec cinq autres officiers, en les accusant notamment de tentative de "renversement du gouvernement élu du pays" et "de tentative d'assassinat du président turc Recep Tayyip Erdogan".

Le conseil des juges de la cour d'appel, compétent sur les extraditions, se prononcera mardi sur le sort du reste du groupe, selon la même source.

Selon le droit grec, la décision finale sur les demandes d'extradition incombe toutefois au ministre de la Justice. La Turquie peut aussi faire un recours devant la Cour de cassation grecque.

Le conseil des juges a estimé que la vie des trois premiers militaires dont le cas était examiné était en danger en cas de renvoi en Turquie, selon la même source.

Selon l'avocate du groupe, Me Stavroula Tomara, la procureure du conseil a invoqué des "traitements humiliants" et les "tortures" infligés à d'autres officiers présumés putschistes arrêtés en Turquie récemment.

Les magistrats grecs ont aussi jugé insuffisants les éléments envoyés par les autorités turques pour incriminer les militaires.

Le groupe doit dans l'immédiat rester en détention dans le commissariat de l'ancien village olympique d'Athènes où il avait été transféré après son arrivée en Grèce.

Les huit militaires avaient atterri en hélicoptère à Alexandroupolis, une ville grecque proche de la frontière gréco-turque, le 16 juillet, quelques heures après le coup d'Etat manqué en Turquie.

Soutenant qu'ils craignaient pour leur vie, mais niant avoir participé au coup d'Etat, ils avaient aussitôt demandé l'asile en Grèce tandis qu'Ankara réclamait leur extradition.

Leurs demandes d'asile ont été rejetées fin septembre en première instance, mais la procédure se poursuit puisqu'ils ont fait appel de cette décision.

Leur cas embarrasse depuis des mois la Grèce, engagée dans une politique de coopération avec son voisin pour couper la route migratoire en Egée, mais inquiète du durcissement du régime turc, y compris sur les différends bilatéraux de souveraineté.

De nombreux militaires et fonctionnaires ont fui la Turquie dans divers pays européens après la tentative de coup d'Etat et la purge tous azimuts déclenchée par le régime turc.

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a récemment indiqué que plusieurs officiers turcs de l'Otan avaient demandé l'asile dans des pays membres de l'Alliance où ils servaient.

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