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03/12/2016 23:39 EST | Actualisé 04/12/2017 00:12 EST

Présidentielle au Ghana: Nana Akufo-Addo, leader de l'opposition, retente sa chance

Nana Akufo-Addo, candidat du Nouveau Parti Patriotique (New Patriotic Party, NPP) et principal leader de l'opposition ghanéenne, espère qu'après deux tentatives sans succès l'élection présidentielle du 7 décembre sera enfin la bonne.

Akufo-Addo, érudit avocat des droits de l'Homme, lunettes rondes, a perdu de justesse aux derniers scrutins de 2008 et 2012, toujours contre le même parti, le Congrès National Démocratique (National Democratic Congress, NDC).

Il a contesté d'ailleurs les résultats de 2012 devant la Cour Suprême du Ghana, qui a finalement validé la victoire de son adversaire historique et président en exercice, John Mahama.

Cette fois, a-t-il assuré, il acceptera sa défaite, même sur un score extrêmement serré - tel qu'il se profile encore une fois cette année -, ne voulant pas exacerber des tensions et encourager les violences dans un pays qui a la réputation d'être un des plus pacifiques en Afrique.

"La stabilité et le progrès du Ghana, ainsi que la sauvegarde de la démocratie ont été notre priorité durant ces jours de campagne difficiles", a déclaré le candidat du NPP, la semaine avant le scrutin, à Accra.

Akufo-Addo espère récolter les voix des électeurs déçus par le mandat de Mahama, notamment par les nombreux scandales de corruption au sein de l'administration, les coupures régulières d'électricité et le ralentissement général de l'économie.

Le président Mahama a mis du temps à s'occuper des problèmes de corruption, perçus comme étant de plus en plus généralisés dans le pays. Son adversaire, lui, a promis d'agir rapidement, notamment pour stopper "le robinet des prêts" conclus avec les bailleurs internationaux, qui ont selon lui, "mis notre futur sous hypothèque".

Avec un accent britannique particulièrement soigné, qu'il a entretenu lors de ses études en Angleterre, le septuagénaire (72 ans) a mené campagne aux quatre coins du pays, certain d'y planter les drapeaux du NPP, rouge, blanc, bleu, estampillés d'un éléphant pour symboliser le changement radical.

Alors que le chômage chez les jeunes est un problème majeur au Ghana, Akufo-Addo, libéral, a promis de se concentrer sur la création d'emplois, en diversifiant une économie dépendante des ressources premières (or, cacao et, plus récemment, pétrole), et en allégeant les taxes dans le secteur privé pour encourager les investissements: "un quartier, une entreprise", assène-t-il à chacun de ses déplacements.

Né à Kyebi, dans l'est du Ghana, Akufo-Addo a grandi dans une famille de l'élite politique nationale, et sa maison faisait office régulièrement de siège de parti. Son père, Edward Akufo-Addo, a été lui-même président à la fin des années 1960, et fait parti des "Big Six" (les Grands Six), tels que l'on désigne les pères de l'indépendance et de la nation ghanéenne (ex Côte de l'Or)

Célèbre avocat, il a exercé en France et en Angleterre avant de revenir au Ghana. Mais ce n'est qu'en 1992, lorsque le pays a retrouvé la démocratie après des décennies de régimes militaires, que Akufo-Addo s'est engagé auprès du NPP, qu'il a d'ailleurs servi sous le président Kufuor, entre 2001 et 2008.

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