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04/12/2016 09:37 EST | Actualisé 05/12/2017 00:12 EST

Erdogan veut commercer avec la Chine, l'Iran et la Russie en devises locales

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé dimanche qu'il prenait des mesures pour que le commerce de son pays avec la Chine, l'Iran et la Russie soit désormais libellé en devises locales, alors qu'il s'efforce de défendre la livre turque.

"Nous sommes en train de prendre des mesures en vue de commercer avec la Russie, la Chine et l'Iran en monnaies locales", a déclaré M. Erdogan, à deux jours d'une visite en Russie du Premier ministre turc Binali Yildirim. "Si nous leur achetons quelque chose, nous utiliserons leur monnaie, s'ils nous achètent quelque chose, ils utiliseront notre devise", a-t-il expliqué, durant un discours à Kayseri (centre).

Le président turc a par ailleurs de nouveau appelé ses concitoyens à convertir leurs devises étrangères en livres turques, comme il l'avait déjà fait vendredi.

M. Erdogan tente de redresser le cours de la devise nationale qui a chuté depuis la tentative de coup d'Etat en juillet.

Sur le seul mois de novembre la livre turque a perdu 10% par rapport au dollar et continue de battre des records de faiblesse en raison des incertitudes politiques et d'une situation sécuritaire tendue.

La Bourse d'Istanbul a annoncé vendredi soir qu'elle avait "décidé de convertir en livres turques tous ses avoirs en liquide (...) pour soutenir l'appel du président" Erdogan.

Mais les marchés s'inquiètent des interventions répétées dans les affaires économiques de M. Erdogan qui ne cesse d'appeler la banque centrale à baisser ses taux, malgré une inflation élevée (plus de 7%).

Consciente des inquiétudes suscitées par l'érosion de la livre, la Banque centrale turque a au contraire relevé en novembre de 50 points de base son principal taux directeur après une longue période de baisse.

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