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02/12/2016 16:20 EST | Actualisé 03/12/2017 00:12 EST

Venezuela: le président Maduro accuse la droite de vouloir "un coup d'Etat"

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a accusé vendredi l'opposition "de droite" de vouloir "un coup d'Etat" et affirmé qu'il y avait des "manoeuvres" pour interrompre le dialogue en cours entre le pouvoir et l'opposition.

"Il y a des manoeuvres en cours pour briser la table des négociations, et ce avec la complicité de certains de ceux que nous avons appelés au dialogue", a accusé le chef de l'Etat vénézuélien, dans un entretien télévisé: "J'en ai les preuves entre les mains".

Ce complot est orchestré par "la droite, qui a décidé une nouvelle fois d'aller vers un coup d'Etat", a insisté le président Maduro, en faisant référence à la coalition d'opposition de la Table de l'unité démocratique (MUD, centre-droit).

Des négociations entre le pouvoir chaviste et l'opposition, désormais majoritaire au parlement, ont été lancées le 30 octobre, sous les auspices du Vatican et de l'Union des nations sud-américaines (Unasur), afin de tenter de résoudre la grave crise économique et politique traversée par le pays.

Dans ce cadre, une troisième séance de discussions doit normalement débuter mardi, mais depuis quelques jours les deux parties s'accusent mutuellement de manquer à leurs devoirs et menacent de rompre le dialogue.

Vendredi, le pouvoir a encore ajouté à cette tension en demandant au Tribunal suprême de justice (TSJ) de désigner deux recteurs au sein du Conseil national électoral (CNE), alors que ces nouveaux titulaires devraient normalement être désignés par le parlement.

En déposant cette demande, le député chaviste Hector Rodriguez a notamment rappelé que le TSJ avait déclaré le parlement en "désobéissance" et considéré nulles toutes ses décisions suite à son refus d'exclure trois de ses députés, malgré les soupçons de fraude électorale les visant.

Le 16 novembre, pourtant, suite à la deuxième séance de négociations avec le gouvernement, la MUD avait accepté d'exclure ces trois députés, afin de calmer le jeu.

Avec ce geste d'apaisement, la MUD comptait obtenir du TSJ qu'il lève sa déclaration de désobéissance et que le Parlement retrouve ainsi toutes ses facultés pour pouvoir notamment élire ses deux recteurs au CNE.

En renouvelant la composition du CNE, l'opposition espère obtenir le départ du président Maduro avant la fin de son mandat en 2019, via des élections anticipées ou un référendum révocatoire.

Mais ces deux options sont rejetées par le chef de l'Etat qui, malgré son impopularité dans un contexte de violente crise économique, reste soutenu par la quasi-totalité des institutions, dont la plus importante d'entre elles: l'armée, très puissante au Venezuela.

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