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02/12/2016 09:43 EST | Actualisé 03/12/2017 00:12 EST

Une ex-élue du Congrès américain dément avoir été engagée par Kinshasa pour redorer son image aux USA

L'ancienne parlementaire américaine Cynthia McKinney a démenti vendredi sur son site internet avoir été engagée par Kinshasa pour faire le lobbying de la République démocratique du Congo à Washington, à trois semaines de la fin du mandat du président Joseph Kabila.

Jeudi, le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende avait indiqué à l'AFP que Kinshasa avait engagé Mme McKinney "pour améliorer l'image de marque du pays, écornée et malmenée" aux USA par l'administration Obama et l'opposition congolaise, confirmant l'authenticité d'une lettre publiée sur internet dans laquelle il sollicitait le paiement des honoraires de l'ex parlementaire.

"Je ne peux pas tolérer que mon nom soit associé à des basses manoeuvres politiciennes qui visent à défendre le régime de Kinshasa ou à spolier le peuple congolais", a affiché sur sa page officielle l'ex-élue.

Mme McKinney s'est dit "surprise" de lire dans un document diffusé sur internet qu'elle était "prête à faire du lobbying en faveur du gouvernement congolais".

L'ex-parlementaire a affirmé en revanche avoir donné son "accord de principe" à des Congolais qui l'avaient sollicitée pour dénoncer "le trucage lors de la présidentielle initialement prévue à la fin de l'année".

"Je rassure les Congolais sur le fait que je n'ai touché aucun centime du gouvernement de Kinshasa et que je n'ai jamais touché un centime pour tout ce que j'ai fait jusqu'ici pour" la RDC, a-t-elle ajouté.

La formulation du document "me donne surtout l'impression que soit quelqu'un a cherché à me salir soit que j'ai été victime d'un traquenard", écrit encore Mme McKinney.

Les tentatives de l'AFP pour faire réagir les autorités congolaises sont restées sans succès.

Afro-Américaine, Mme McKinney a exercé six mandats à la chambre des Représentants à partir de 1993 avant de passer au Parti vert (Green Party) après s'être opposée à la guerre américaine contre l'Irak en 2003. Candidate à la présidentielle de 2008 en tant que présidente de ce parti, elle attira 0,12% des suffrages sur son nom.

La RDC traverse une crise politique profonde depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011, aggravée par le renvoi à une date indéterminée de la présidentielle et des législatives qui auraient dû avoir lieu cette année.

Officiellement, le report de ces scrutins est justifié par le manque de moyens du gouvernement pour les organiser, mais l'opposition accuse celui-ci d'avoir tout fait pour empêcher qu'ils aient lieu.

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