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02/12/2016 11:05 EST | Actualisé 03/12/2017 00:12 EST

Un documentaire tente d'exonérer le commandant de la flotte du Pacifique

Soixante-quinze ans après l'attaque de Pearl Harbor, un documentaire tourné au Canada tente d'exonérer l'amiral américain sur qui est retombé le blâme.

Appuyé par une nouvelle enquête journalistique, le documentaire «Pearl Harbor: The Accused» a été commandé par Bell Media et Channel 4, au Royaume-Uni.

La société montréalaise Handel Productions et la londonienne Arrow Media ont utilisé des images d'archives en plus de recréer certaines scènes, notamment sur les rives du fleuve Saint-Laurent, afin de raconter l'histoire de l'une des pires défaites américaines de la Deuxième Guerre mondiale. Le documentaire sera diffusé lundi sur les ondes de HBO Canada.

Le 7 décembre 1941, l'amiral Husband Kimmel était commandant en chef de la flotte du Pacifique de la Force navale américaine. Il a semblé être mal préparé lorsqu'une imposante attaque aérienne par les Japonais a neutralisé la flotte américaine. Au total, 2403 Américains sont morts dans la base navale et 1178 autres ont été blessés. Dix-huit navires ont coulé ou ont été lourdement endommagés, dont cinq navires de guerre.

Avant les attentats du 11 septembre 2001 à New York, l'attaque de Pearl Harbor avait été la plus mortelle attaque à avoir eu lieu en sol américain.

Inspirés du livre «A Matter of Honor» des auteurs Anthony Summers et Robbyn Swan, ce nouveau documentaire allègue que des hauts placés à Washington étaient au courant qu'une attaque par le Japon était imminente et cette information avait été cachée à l'amiral Kimmel.

«Les Américains avaient en fait déchiffré le code japonais», explique le producteur exécutif montréalais Alan Handel. Washington avait amassé, dans les 12 mois précédents, une grande quantité de renseignements qui pointaient tous vers une attaque. La question est de savoir quelle partie de ces informations a été transmise à Husband Kimmel.

«L'histoire complète de l'amiral Kimmel ouvre une nouvelle fenêtre sur ce qui s'est réellement produit, suggère M. Handel, qui ajoute que le documentaire a le rythme d'un thriller politique.

Selon M. Handel, l'amiral Kimmel est devenu un bouc émissaire politique. On lui a retiré deux de ses quatre étoiles et il a été rétrogradé au rang de contre-amiral. Il a pris une retraite anticipée de l'armée en 1942.

L'homme ayant succédé à Husband Kimmel comme commandant en chef de la flotte Pacifique, l'amiral Chester Nimitz, a plus tard écrit: «C'est grâce à la pitié de Dieu que notre flotte s'est retrouvée à Pearl Harbor le 7 décembre.» Il a conclu que des milliers de marins ont été secourus et que six navires de guerre ont pu être remis en état parce que les attaques ont eu lieu dans des eaux relativement peu profondes.

Alan Handel croit qu'ultimement, Husband Kimmel «a pris le blâme pour une situation indépendante de sa volonté. Il a perdu ses étoiles dans la disgrâce. Il a perdu son commandement. Il est devenu un homme en colère.»