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02/12/2016 12:16 EST | Actualisé 03/12/2017 00:12 EST

Scènes de liesse en Gambie après la défaite de Jammeh, "un jour de libération"

Manifestations de joie sur fond de musique, drapeaux gris de l'opposition: de nombreux Gambiens ont spontanément envahi vendredi les rues pour fêter la fin de 22 ans de pouvoir du président Yahya Jammeh, "un jour de libération", selon une opposante.

Quelques minutes après l'annonce des résultats officiels donnant la victoire au candidat de la coalition de l'opposition Adama Barrow, ces manifestations de joie otn éclaté à Banjul, la capitale, et dans ses environs.

Dans la banlieue de Westfield, des adolescents perchés sur les toits de voitures prennent des selfies et jouent de la guitare. D'autres brandissent des drapeaux gris, couleur de la coalition de l'opposition et de son candidat victorieux, Adama Barrow.

Bien que l'ambiance soit euphorique, certains expriment un soulagement mêlé d'émotion quand ils racontent leur vie sous la poigne de fer de Yahya Jammeh.

"C'est un jour extraordinaire, un jour de libération pour les Gambiens. Nous avons vécu 22 ans d'arrestations illégales et de répression sous Yahya Jammeh", affirme Maya Darboe, l'épouse du chef du principal parti d'opposition, Ousainou Darboe, détenu depuis avril pour avoir manifesté contre la mort d'un opposant arrêté, Solo Sandeng.

"Ils l'ont emmené au tribunal en menottes. Ce n'est pas un criminel", ajoute Mme Darboe, qui espère maintenant la libération de son mari, condamné en juillet avec une trentaine d'autres personnes à trois ans de prison.

"J'ai rêvé de ce jour", déclare Mamieta Jatta, 22 ans, portant un T-shirt à l'effigie d'Adama Barrow. "Nous aurons la paix, nous aurons plus de liberté et nous espérons un meilleur développement", dit-elle.

Son visage s'assombrit au souvenir de ses quatre mois de clandestinité pour échapper à la traque de l'opposition par le régime de Jammeh. "C'est un tueur... Nous sommes libres, finalement", dit-elle, levant les bras au ciel.

- 'Faire la fête' -

Des scènes de fraternisation surprenantes se produisent par endroits entre manifestants et membres des forces de sécurité qui ont été des piliers de la répression pendant 22 ans.

Des soldats et des policiers, assis sur la bord de la chaussée, ont le sourire alors qu'ils échangent des poignées de main avec des partisans de l'opposition.

Pour d'autres, la défaite de Yahya Jammeh ne peut vouloir dire qu'une chose en ce vendredi soir. "Nous allons faire la fête", dit une femme se présentant sous le nom de Njie, le visage mangé par d'énormes lunettes de soleil. "Le dictateur est parti, nous allons fêter ça jusqu'à l'aube!", promet-elle.

Ailleurs, de jeunes hommes arrachent des affiches de Yahya Jammeh et y donnent des coups de pied ou les jettent au sol.

Debout à un carrefour, Ousman Bai espère que le président élu Barrow fera plus pour éviter aux jeunes comme lui de devoir risquer leur vie sur les routes de l'émigration clandestine à destination de l'Europe, incriminant le régime Jammeh.

"Nous avons maintenant une nouvelle Gambie", l'interrompt un de ses amis, sous un tonnerre d'applaudissements qui en dit long sur les immenses espoirs suscités par cette alternance démocratique et les défis qui attendent le futur président.

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