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02/12/2016 03:58 EST | Actualisé 03/12/2017 00:12 EST

Présidentielle en France: Hollande renonce, son Premier ministre sur orbite

La gauche française se cherche un candidat pour la présidentielle de 2017, après la décision de François Hollande de ne pas se représenter, qui ouvre la voie à de nombreuses ambitions dont celles de son Premier ministre Manuel Valls.

Face à une droite en ordre de bataille et à une extrême droite conquérante, François Hollande, qui était crédité de 7% des intentions de vote seulement, a jeté l'éponge jeudi soir, après avoir laissé planer le doute sur ses intentions.

C'est la première fois qu'un président français renonce à briguer un second mandat depuis 1958. Son choix, qualifié de "digne" ou "courageux" par la majorité de la classe politique", était approuvé vendredi par huit Français sur dix.

Son retrait rebat les cartes dans une campagne présidentielle déjà riche en rebondissements. Contre toute attente, son prédécesseur à l'Elysée, Nicolas Sarkozy, 61 ans, a été éliminé dès le premier tour de la primaire de la droite le 20 novembre.

Dimanche, autre surprise, l'ex-Premier ministre François Fillon, 62 ans, qui promet une cure d'austérité pour le pays, a été désigné champion de la droite, à rebours des projections de sondeurs et des experts politiques.

Tous les regards sont désormais braqués sur Manuel Valls, 54 ans, qui se prépare depuis des semaines à jouer les recours. "Je suis prêt", avait déclaré dès dimanche cet homme né en Espagne et naturalisé Français à 20 ans.

"Je vais avoir contre moi les doublures, bien souvent elles ont les défauts des premiers rôles sans en avoir les maigres qualités", a ironisé la chef de l'extrême droite Marine Le Pen en visant MM. Fillon et Valls.

Son parti, le Front national, séduit un nombre croissant de Français, inquiets face à la crise migratoire en Europe et à la répétition des attentats jihadistes depuis 2015. Marine Le Pen se sent pousser des ailes depuis le Brexit et la victoire du républicain Donald Trump aux Etats-Unis.

Jeudi soir, le président Hollande a appelé son camp à se rassembler face à ces rivaux, soulignant que la dispersion de la gauche "priverait de tout espoir de l'emporter face au conservatisme et pire encore face à l'extrémisme".

Sa décision de ne pas se représenter "ouvre une brèche - un gouffre ? - pour toutes les ambitions présidentielles au Parti socialiste. Et elles sont nombreuses", écrit Le quotidien Le Monde dans un éditorial.

- 'Gauches irréconciliables' -

Le PS, au pouvoir depuis 2012, organise sa primaire les 22 et 29 janvier. L'ancien ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, 54 ans, qui appartient à l'aile gauche du parti, a été le premier à déposer jeudi sa candidature. Les autres postulants ont jusqu'au 15 décembre pour se déclarer.

La grande question dans la presse vendredi était de savoir quand Manuel Valls se déclarerait et s'il allait quitter ses fonctions dans la foulée. Il doit prendre la parole samedi lors d'un meeting du PS à Paris.

Depuis quelques semaines, ce réformiste, qui crispe une partie de son camp avec son discours pro-entreprises et son caractère autoritaire, s'efforce d'arrondir les angles pour élargir son socle électoral.

Ses concurrents n'ont pas manqué vendredi de souligner son caractère clivant. Arnaud Montebourg a ainsi rappelé ses déclarations sur les "gauches irréconciliables", avant d'ajouter: "Notre travail c'est précisément de nous conjuguer, de nous concilier, c'est exactement l'inverse".

La primaire à gauche sera un "débat sur l'idée même qu'on se fait de la gauche", a prédit Benoît Hamon, un autre ex-ministre de François Hollande désireux de participer à la course à l'investiture.

D'autres prétendants pourraient sortir du bois et les médias évoquaient différents noms, dont l'ancienne Garde des Sceaux Christiane Taubira, populaire à gauche pour avoir porté la loi ouvrant le mariage aux couples homosexuels.

Une fois passée la primaire, le chemin restera semé d'embuches pour le candidat du PS, qui risque de se retrouver coincé entre le chef de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon et l'ancien ministre de l'Economie Emmanuel Macron plus au centre, tous deux crédités de plus de 10% des intentions de vote.

Face à cette balkanisation, les sondages donnent tous François Fillon et Marine Le Pen qualifiés pour le second tour. Et la gauche éliminée, comme en 2002.

chp/prh