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02/12/2016 06:53 EST | Actualisé 03/12/2017 00:12 EST

Ouzbékistan: le petit-fils de l'ancien président craint pour la vie de sa mère

Le petit-fils de l'ancien président ouzbek, Islam Karimov, a dit vendredi craindre pour la vie de sa mère, assignée à résidence après être tombée en disgrâce, alors que ce pays d'Asie centrale se prépare à une élection présidentielle.

"Une rumeur circule actuellement indiquant qu'elle est morte. L'est-elle? Je ne comprends pas comment il est possible de ne pas avoir la réponse à cette question au XXIe siècle", a déclaré Islam Karimov qui porte le même prénom que son grand-père décédé le 2 septembre, lors d'une interview à la BBC.

"Où est Goulnara?", s'est interrogé M. Karimov, 23 ans, qui réside à Londres, appelant les autorités ouzbèkes à fournir la preuve que sa mère Goulnara Karimova est encore en vie.

Un temps pressentie à la succession de son père, qui a passé plus d'un quart de siècle à la tête de cette ex-république soviétique, Mme Karimova est tombée en disgrâce après avoir comparé son père à Staline et s'être publiquement attaquée à sa mère et à sa soeur cadette.

Ancienne ambassadrice de son pays aux Nations unies et recherchée par la justice de plusieurs pays européens pour des malversations, cette femme de 44 ans serait aujourd'hui assignée à résidence pour des accusations de corruption.

Des rumeurs sur sa mort sont apparues en amont des élections présidentielles qui doivent se tenir dimanche dans le pays, certains médias locaux affirmant qu'elle avait été empoisonnée par les autorités.

"Ok. Elle est assignée à résidence. Mais pourquoi? Pour combien de temps? Sous la supervision de qui?", a poursuivi M. Karimov, disant malgré tout croire que sa mère était encore en vie.

L'ancien président de l'Ouzbékistan Islam Karimov a été enterré à Samarcande le 3 septembre, mais ni Goulnara, ni son petit-fils et sa soeur Iman n'ont assisté à ses funérailles.

"Je savais que si j'allais aux funérailles, je pouvais ne pas revenir. (...) Ils ont besoin de nous trois sur place pour limiter notre activité et notre parole", a-t-il indiqué, en référence aux puissants services secrets ouzbeks.

Le président par intérim Chavkat Mirzioïev, un technocrate allié de longue date du défunt Karimov, est donné favori pour remporter les élections présidentielles de dimanche.

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