POLITIQUE
02/12/2016 10:15 EST | Actualisé 02/12/2016 10:47 EST

Québec ordonne une enquête sur Habitations pignon sur roues

Le Centre intégré universitaire de la santé et des services (CIUSSS) de l'Est de Montréal va enquêter sur les soins offerts aux Habitations pignon sur roues, dans la foulée d'un reportage de Radio-Canada relatant le triste sort réservé à un de ses résidents, Wady Salem.

C’est ce qu’a annoncé vendredi la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, en arrivant au caucus de son parti. Les autres ressources dites « alternatives » de la métropole seront aussi visitées pour savoir « si cette problématique est généralisée » et si « les services appropriés sont donnés », comme il se doit, a-t-elle ajouté.

« Ma responsabilité ministérielle commande que je demande une enquête et que je sache ce qui se passe et qu’on trouve des solutions », a expliqué la ministre, sans pouvoir dire à quel moment les résultats de ces investigations seront connus. Selon elle, le CIUSSS de l'Est de Montréal n'avait reçu aucune plainte dans cette affaire.

«C’est totalement inacceptable ce que j’ai vu. Il n’y a pas un humain qui doit vivre ça au Québec, même à travers le monde.» - Lucie Charlebois

« C’est une résidence qui est indépendante du réseau de la santé, mais ça ne m’empêche pas de me poser des questions et de demander une enquête », a ajouté la ministre Charlebois. « Il est clair que je ne peux pas laisser ça aller, peu importe qui c’est dans la société. C’est encore moins acceptable pour les personnes qui n’ont pas de ressources, qui sont handicapées. »

Dès ce matin, une équipe psychosociale se rendra à Habitations pignons sur roues pour aller rencontrer les pensionnaires. « C’est certain que ça a dû ébranler d’autres résidents [...] Alors on va s’assurer que les gens sont accompagnés », a expliqué Mme Charlebois.

«Le CIUSSS est en action ce matin. Je peux vous dire qu’ils ont senti qu’il y avait beaucoup d’indignation.» - Lucie Charlebois

Pressée de dire si les mesures annoncées ce matin pourraient être étendues dans le reste du Québec, la ministre est demeurée prudente. « On va commencer par faire ce bout-là. Je ne vous dis pas que ça n’arrivera pas ailleurs. On va voir à la lumière de ce qui va sortir de toute cette enquête-là. Je veux qu’on agisse rapidement. »

Par ailleurs, le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, a refusé d'accorder au Parti québécois la tenue d'un débat d'urgence aujourd'hui à la suite du reportage de Radio-Canada sur la négligence dont sont victimes des personnes handicapées dans les ressources alternatives. Il n'y a pas, selon M. Chagnon, d'aggravation soudaine de la situation, un critère essentiel, à la tenue d'un débat d'urgence.