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02/12/2016 11:34 EST | Actualisé 03/12/2017 00:12 EST

Les dirigeants chypriotes vont reprendre les pourparlers de paix

Les dirigeants chypriotes grec et turc sont tombés d'accord pour reprendre les négociations de paix pour réunifier l'île méditerranéenne divisée depuis plus de quarante ans, a annoncé vendredi l'émissaire de l'ONU pour Chypre.

Cette annonce intervient après l'échec le 22 novembre d'une précédente session de pourparlers en Suisse.

La décision du président de Chypre, Nicos Anastasiades, et du dirigeant chypriote turc, Mustafa Akinci, de revenir à la table des négociations a été prise jeudi soir au cours d'un dîner organisé par l'ONU à Nicosie.

"Les deux dirigeants ont immédiatement décidé de reprendre leurs négociations", a précisé l'ONU dans un communiqué.

"C'est un important développement", a souligné vendredi M. Anastasiades, estimant que "les deux parties pourront reprendre les négociations au point où elles ont été rompues" à Mont Pèlerin (Suisse).

Il a aussi averti dans une déclaration à la télévision que la persistance du blocage dans les négociations entre les deux parties aurait pu tuer le processus de négociations.

Les deux dirigeants se rencontreront à Genève le 9 janvier et se sont engagés à présenter le 11 janvier des cartes sur le partage territorial des deux entités qui doivent constituer un futur Etat fédéral réunifié.

A compter du 12 janvier, une conférence sur Chypre sera convoquée à laquelle participeront les Etats actuellement garants de la sécurité de l'île: Grèce, Turquie et Royaume-Uni.

Athènes a salué vendredi la reprise des pourparlers et a annoncé qu'elle "va intensifier les actions diplomatiques dans le cadre de l'Union européenne pour qu'il y ait une convergence des vues sur le problème crucial de la sécurité et des garanties".

Chypre est divisée depuis que l'armée turque a envahi en 1974 la partie nord de l'île en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher le pays à la Grèce et qui inquiétait la minorité turcophone de l'île. Cette invasion a été suivie par d'importants déplacements de populations.

Depuis, la République de Chypre, membre de l'UE depuis 2004, n'exerce son autorité que sur la partie sud, où vivent les Chypriotes grecs. Les Chypriotes turcs habitent dans le nord, où une République turque de Chypre du Nord (RTCN) a été autoproclamée et n'est reconnue que par Ankara.

Plusieurs tentatives de réunification ont échoué dans le passé.

Les deux dirigeants chypriotes actuels négocient depuis mai 2015 mais s'étaient séparés le 22 novembre en Suisse sans parvenir à un accord.

Les deux délégations avaient pour mission de dessiner une carte avec des frontières internes délimitant les deux entités --chypriote turque et chypriote grecque-- qui formeraient une future fédération.

M. Anastasiades a déclaré à ce propos que la partie chypriote turque s'était engagée à soumettre sa carte à la conférence de Genève.

"Des progrès sur ces questions nous feront parvenir à un accord et créeront les conditions pour une issue réussie", a dit M. Anastasiades.

Les Chypriotes turcs représentaient 18% de la population de l'île en 1974. Ils contrôlent aujourd'hui plus du tiers du territoire.

Une des questions épineuses à résoudre concerne le nombre de réfugiés chypriotes grecs qui seront autorisés à revenir dans les maisons qu'ils avaient fuies en 1974.

Tout accord éventuel sera soumis au vote par référendum dans chacune des deux parties de l'île, où les pourparlers de paix ne font pas l'unanimité.

A Athènes, l'émissaire de l'ONU pour Chypre Espen Barth Eide a affirmé "soutenir fortement l'idée d'une rencontre au plus haut niveau entre la Grèce et la Turquie" d'ici à la conférence multilatérale prévue le 12 janvier.

"Ce serait sain que ces deux Etats garants soient directement en contact", a déclaré l'émissaire onusien, qui doit se rendre à Ankara lundi.

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