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02/12/2016 07:54 EST | Actualisé 03/12/2017 00:12 EST

Haïti: trois candidats contestent en justice les résultats de la présidentielle

Les candidats à la présidentielle haïtienne Jude Célestin, Moïse Jean-Charles et Maryse Narcisse ont déposé un recours en justice pour contester les résultats préliminaires donnant le candidat du parti haïtien Tet Kale (PHTK) Jovenel Moïse vainqueur dès le premier tour.

Les résultats préliminaires du premier tour du 20 novembre, annoncés lundi soir par le Conseil électoral provisoire (CEP), créditent M. Moïse de plus de 55% des suffrages, suivi par Jude Célestin (19.52%), Moïse Jean-Charles (11.04%) et Maryse Narcisse (8.99%).

Tout candidat s'estimant lésé avait le droit de déposer, avant ce vendredi 10H00, un dossier de contestation. Après analyse et verdict des tribunaux électoraux, les résultats définitifs ne seront publiés que le 29 décembre.

Avant même l'annonce des résultats, le parti Lapeh du candidat Jude Célestin avait déjà officiellement écrit au CEP pour contester la qualité du traitement des documents issus des bureaux de vote au niveau du centre de dépouillement.

"Le décret électoral indique que l'électeur doit signer la liste d'émargement ou, pour celui qui ne sait ni lire ni écrire, apposer son empreinte digitale. Malheureusement le CEP a choisi de ne pas considérer cet aspect", a indiqué vendredi à l'AFP Gérald Germain, conseiller politique de M. Célestin. "On pensait qu'on allait avoir une rupture par rapport à la façon dont sont organisées les élections en Haïti. On va devoir se présenter devant le tribunal pour faire valoir nos droits", regrette-t-il.

Le parti Pitit Dessalines, sous lequel s'est présenté Moïse Jean-Charles, va plus loin dans la contestation et accuse aujourd'hui le CEP de corruption.

"Selon beaucoup de témoins, il y avait, dans les barrages de l'hôtel où siégeait le Conseil électoral provisoire lundi soir, des véhicules avec beaucoup de dollars pour marchander les membres du CEP", a assuré à l'AFP Evelt Fanfan, avocat de ce parti. "Comme preuve, trois membres du CEP n'ont pas signé car ils n'étaient pas d'accord avec cette pratique."

Trois des neuf membres du Conseil ont effectivement refusé de signer la feuille des résultats annonçant la victoire de Jovenel Moïse. Léopold Berlanger, président du CEP, n'a pas souhaité lundi soir faire de commentaires sur cette divergence interne.

Le scrutin du 20 novembre, qui s'est déroulé sans incident majeur, est une étape indispensable pour permettre au pays de retourner à l'ordre constitutionnel après l'annulation du premier tour de la présidentielle tenu en octobre 2015.

amb/elc