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02/12/2016 11:43 EST | Actualisé 03/12/2017 00:12 EST

Corée du Sud: l'opposition a déposé une motion de destitution

Les trois partis de l'opposition sud-coréenne ont déposé samedi matin au Parlement une motion de destitution à l'encontre de la présidente Park Geung-Hye empêtrée dans un scandale de trafic d'influence, qui passera au vote la semaine prochaine.

La motion, qui accuse la présidente d'avoir violé la Constitution, a recueilli la signature de 171 parlementaires sur les 300 de l'Assemblée nationale, a précisé l'agence Yonhap, le vote devant avoir lieu vendredi de la semaine prochaine.

Accusée de complicité avec une proche confidente arrêtée début novembre pour fraude et abus de pouvoir, Mme Park s'est dite prête à quitter le pouvoir avant la fin de son mandat prévue en 2018, ajoutant qu'elle s'en remettrait au Parlement.

Pour l'opposition, il s'agit d'une manoeuvre dilatoire pour gagner du temps et éviter une destitution humiliante.

Pour être adoptée, la motion de destitution doit être votée par les deux tiers des députés, ce qui signifie que l'opposition aurait besoin du soutien de près de 30 membres du parti conservateur Saenuri de Mme Park.

Si la motion est adoptée, elle sera transmise à la Cour constitutionnelle pour approbation, un processus pouvant demander jusqu'à six mois.

"Nous sommes convenus de militer activement auprès des députés (du Saenuri) anti-Park pour obtenir leur soutien", a déclaré Park Jie-Won, de la formation d'opposition Parti du peuple.

Le Saenuri a quant à lui demandé à Mme Park de renoncer volontairement au pouvoir en avril, dans la perspective d'une élection anticipée en juin. Le parti lui a donné une semaine pour accepter cette proposition.

Le scandale qui fait rage depuis des semaines est centré sur l'amie de longue date de la présidente, Choi Soon-Sil, accusée d'avoir profité de ses liens avec cette dernière pour extorquer des sommes astronomiques à diverses entreprises.

Le parquet accuse la chef de l'Etat de "collusion" dans les manoeuvres de Mme Choi, qualifiée de "Raspoutine" par les médias.

Le parquet considère officiellement la présidente comme une suspecte dans cette affaire. Mme Park est le premier chef de l'Etat sud-coréen en exercice à être visée par une enquête pénale.

En Corée du Sud, un président en exercice ne peut être poursuivi dans une affaire criminelle, sauf pour des faits de trahison ou d'insurrection. L'immunité, cependant, tombe à la fin de son mandat.

Des manifestations monstres se succèdent depuis plusieurs semaines pour exiger le départ de la présidente. Ses opposants ont annoncé de nouveaux rassemblements pour samedi.

Mme Park a accepté d'être entendue par un avocat désigné par le Parlement pour mener une nouvelle enquête indépendante sur le scandale. Cet enquêteur spécial aura ensuite 120 jours pour étudier les éléments mis au jour par le parquet.

La présidente s'était dite prête à être entendue par les enquêteurs du parquet avant de faire machine arrière.

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