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02/12/2016 09:16 EST | Actualisé 03/12/2017 00:12 EST

Colombie: l'ELN exige un échange de prisonniers avant le dialogue de paix

Les pourparlers de paix entre la Colombie et l'ELN ne débuteront qu'après les libérations simultanées de deux guérilleros emprisonnés, qui doivent être graciés, et de l'ex-député Odin Sanchez, otage de cette rébellion, a déclaré vendredi un porte-parole de la guérilla.

"Nous avons décidé que les libérations auraient lieu en même temps, seraient simultanées", a déclaré Pablo Beltran, nom de guerre d'Israel Ramirez, chef de la délégation de l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste) pour ces négociations.

"Ainsi, si les grâces et la libération de M. Sanchez ont lieu en janvier, la table de dialogue sera installée deux ou trois jours après", a-t-il affirmé à radio Caracol.

L'ELN et le gouvernement du président Juan Manuel Santos ont entamé des discussions secrètes en janvier 2014 afin de préparer l'ouverture de pourparlers officiels pour mettre fin à plus d'un demi-siècle de conflit armé.

Ces négociations devaient débuter le 27 octobre à Quito, capitale de l'Equateur voisin, l'un des pays garants de ce processus de paix. Mais le gouvernement colombien les avait suspendues au dernier moment, exigeant la libération préalable d'Odin Sanchez. Mercredi, il a annoncé également la suspension, jusqu'au 10 janvier, des discussions préparatoires.

La condition de la libération des otages de la guérilla a toujours été posée par M. Santos en préalable à un dialogue de paix officiel. Il en avait été ainsi pour les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), la principale guérilla du pays née en 1964 quelques mois avant l'ELN, et avec laquelle un accord de paix a été signé, puis ratifié cette semaine à l'issue de près de quatre ans de négociations.

"Le 10 janvier, nous allons nous revoir et nous pensons que si le thème des grâces se résout immédiatement" les pourparlers pourront commencer, a déclaré vendredi Pablo Beltran.

La veille, il avait indiqué, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, que l'ELN ne libérait pas Odin Sanchez car elle entendait le soumettre auparavant, "lui et son clan, à un procès politique pour les délits commis envers la société" du département du Choco (nord-ouest), dont il a été député.

Odin Sanchez, 61 ans, s'est livré à l'ELN il y a environ huit mois en échange de son frère, ex-gouverneur du Choco, séquestré depuis trois ans par la guérilla et malade.

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