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02/12/2016 01:44 EST | Actualisé 03/12/2017 00:12 EST

Cambodge: le chef de l'opposition condamné en septembre grâcié par le roi

L'un des chefs de l'opposition cambodgienne, retranché depuis six mois au quartier général de son parti pour protester contre des poursuites judiciaires, a obtenu vendredi une grâce royale, un pas vers une résolution de la crise politique actuelle.

Depuis mai, Kem Sokha, âgé de 63 ans, reste claquemuré 24 heures sur 24 au siège du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), en signe de protestation.

Poursuivi dans un nébuleux dossier de scandale sexuel, qu'il juge politique, Kem Sokha a été condamné en septembre à cinq mois de prison ferme pour avoir refusé de comparaître devant le tribunal. Une décision confirmée en appel.

"M. Sokha a reconnu sa faute. Il a admis", a indiqué vendredi un porte-parole du gouvernement pour expliquer pourquoi le Premier ministre Hun Sen avait demandé sa grâce.

Le CNRP a de son côté simplement confirmé que Kem Sokha avait écrit une lettre parlant de "réconciliation nationale".

Le climat politique de ce pays d'Asie du Sud-Est est extrêmement tendu depuis des mois: de nombreux opposants sont en prison et des dizaines font l'objet de poursuites judiciaires.

Les associations de défense des droits de l'Homme, comme Human Rights Watch, y voient le signe d'une "campagne de plus en plus violente de la part du gouvernement pour empêcher des élections libres et équitables".

En 2017 auront lieu des municipales avant des législatives en 2018. Lors des dernières élections de 2013, le CNRP avait accusé le parti au pouvoir d'avoir truqué les résultats.

La communauté internationale a plusieurs fois appelé l'inamovible Premier ministre Hun Se à davantage de dialogue politique, en vain jusqu'ici.

Ce climat d'intimidations a été renforcé par le meurtre, en juillet, en plein jour dans la capitale, d'un politologue critique du gouvernement.

Le politologue indépendant Virak Ou estime que cette nouvelle représente un "soulagement pour la population mais aussi pour les investisseurs".

Mais ce développement pourrait aussi être, selon lui, un calcul politique visant à diviser l'opposition. En effet le second leader du parti Sam Rainsy est en exil depuis plusieurs mois, lui aussi pour éviter des poursuites judiciaires mais aucun pardon ne lui a été accordé jusqu'ici.

str-tib/pt