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02/12/2016 02:23 EST | Actualisé 03/12/2017 00:12 EST

Brexit: Boris Johnson dément tenir un double language sur l'immigration

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, un des principaux partisans du Brexit, a démenti vendredi tenir un double langage sur l'immigration qu'il est "nécessaire de pouvoir contrôler" même s'il se définit lui-même comme un "libéral internationaliste".

M. Johnson, en marge de son premier grand discours sur la politique étrangère du Royaume-Uni, répondait à une question sur les articles de presse affirmant qu'il s'était déclaré favorable à titre personnel à la libre circulation des citoyens de l'Union européenne lors d'un petit-déjeuner avec des ambassadeurs de l'UE.

"Je suis un libéral internationaliste. Je pense que l'immigration peut être très bénéfique. Lorsque j'étais maire de cette fantastique ville (de Londres), j'en ai vu les bienfaits pour notre économie. Mais j'ai également déclaré lors de ce petit-déjeuner (avec les ambassadeurs) qu'il est nécessaire de pouvoir la contrôler", a-t-il déclaré à l'issue de son discours à la Chatham House, un cercle de réflexion londonien.

Interrogé sur le fait qu'il puisse tenir un langage différent en privé qu'en public, il a répondu, en français dans le texte: "mais non".

Le chef de la diplomatie, qui a pris son poste après le référendum sur l'UE du 23 juin, a ajouté vouloir "passer à autre chose maintenant", qualifiant cette histoire de "ridicule".

"Il semblerait que Boris Johnson prenne les gens pour des imbéciles", avait notamment réagi Nick Clegg, l'ancien vice-Premier ministre et ex-leader du parti libéral-démocrate.

La question de la libre circulation des travailleurs de l'UE est au coeur de la problématique du Brexit. Le gouvernement de Theresa May est soucieux de contrôler l'immigration, une des principales revendications des Britanniques ayant voté pour une sortie de l'UE, mais souhaite dans le même temps garder un accès "maximal" au marché unique, des objectifs difficilement conciliables aux yeux des dirigeants européens.

Concernant le Brexit, M. Johnson a estimé que "beaucoup de personnes ont hâtivement dressé des comparaisons avec des mouvements populistes dans le monde". Or si les Britanniques se sont prononcés pour le divorce, "ce n'est pas parce qu'ils n'aiment pas les étrangers ou en ont peur, mais parce qu'ils croient en la démocratie et parce qu'ils n'ont pas embrassé la +finalité politique+ de l'UE", a-t-il dit.

"Le Brexit ne signifie pas que le Royaume-Uni se referme sur lui-même", a-t-il insisté, assurant que les Britanniques n'étaient "pas là pour bloquer ou entraver une intégration renforcée au sein de l'UE si c'est ce qu'ils (les partenaires européens) souhaitent".

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