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02/12/2016 13:14 EST | Actualisé 03/12/2017 00:12 EST

Après le crash en Colombie, rapatriement des dépouilles des victimes

Les dépouilles des victimes du crash aérien en Colombie lundi, qui a fait 71 morts, étaient rapatriées vendredi, principalement vers le Brésil où un hommage doit être rendu aux joueurs du club de football Chapecoense tués dans l'accident.

Des centaines de personnes s'étaient massées le long de la route de l'aéroport. Brandissant des fleurs et des ballons blancs, ainsi que des drapeaux colombiens, elles ont rendu un dernier hommage aux victimes du vol charter de la compagnie bolivienne Lamia, qui s'est écrasé lundi soir contre une montagne, avec 77 personnes à bord, à environ 50 km de Medellin.

"Ce que nous voulons plus que tout maintenant, c'est rentrer chez nous, ramener à la maison nos amis et frères, parce que l'attente est ce qu'il y a de pire", a confié à des journalistes Roberto Di Marche, cousin d'un dirigeant de l'équipe, Nilson Folle Junior, tué dans cette catastrophe qui a endeuillé le monde du foot.

Après avoir reçu les honneurs militaires, les corps des cinq membres d'équipage boliviens du British Aerospace 146, décédés dans la catastrophe, ont été ramenés dans leur pays à bord d'un Hercules de la force aérienne bolivienne, selon La Paz.

Les deux autres membres de l'équipage décédés dans le crash du vol Lamia 2933, un Paraguayen jeudi et un Vénézuélien vendredi, ont également été rapatriés, ainsi que six des 64 victimes brésiliennes. Les derniers avions, commerciaux et militaires, doivent quitter l'aéroport de Rio Negron, qui dessert Medellin, à 18H00 (23H00 GMT), selon des sources officielles.

- Veillée funèbre à Chapeco -

Au Brésil, la ville de Chapeco (sud) se préparait elle à une veillée funéraire samedi dans son stade, l'Arena Conda, en hommage aux joueurs de son modeste club fondé il y a 43 ans et qui étaient en route pour une finale continentale historique contre l'Atletico Nacional de Medellin.

Le stade est d'une capacité de 19.000 spectateurs mais quelque 100.000 personnes sont attendues, des écrans géants ayant été dressés autour.

Le président de la Fifa, Gianni Infantino a reporté vendredi un voyage en Australie, afin d'assister à l'hommage, auquel sera également présent le chef de l'Etat brésilien Michel Temer.

Six personnes ont miraculeusement survécu au crash survenu à 3.300 m d'altitude près de La Union, en pleine nuit et sous une pluie torrentielle, dont une hôtesse de l'air, Ximena Suarez Otterburg.

"Je suis en état de choc", écrivait-elle vendredi sur son compte Facebook où elle a publié des photos de membres de l'équipage tués dans l'accident.

"Mon Dieu, je ne peux expliquer la douleur que je ressens", a-t-elle ajouté, depuis la clinique Somer proche de Medellin.

- 'Etat de choc' -

La vidéo d'un autre rescapé, filmée par la police, circulait dans les médias colombiens et réseaux sociaux. On peut y voir le technicien de l'appareil, le Bolivien Erwin Tumiri, au moment où la police colombienne l'évacue du lieu du crash. "Alex! Angel! David! Où est mon équipage?", demande-t-il, totalement désorienté.

L'avion, parti de Santa Cruz de la Sierra en Bolivie, et qui devait atterrir sur l'aéroport José Maria Cordova à Rio Negro s'est écrasé quelques minutes avant, par manque de carburant, selon la principale hypothèse des autorités colombiennes, assistées d'experts internationaux.

"C'est une hypothèse qui se renforce, mais qui doit être analysée par les enquêteurs, comme les informations de la boîte noire et les enregistrements de la tour de contrôle", a souligné le directeur de l'Aviation civile, Alfredo Bocanegra, précisant que les conclusions des investigations n'étaient pas attendues avant six mois.

La licence de vol de la compagnie Lamia a été suspendue par le gouvernement bolivien, qui a ouvert une enquête et destitué plusieurs hauts fonctionnaires de l'aviation civile.

Selon le représentant de Lamia, Gustavo Vargas, l'appareil n'a pas respecté le plan d'approvisionnement en carburant, en omettant une escale prévue à Cobija, ville bolivienne frontalière du Brésil, ou à Bogota.

raa-bur-fpp/mr

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