NOUVELLES
02/12/2016 06:53 EST | Actualisé 03/12/2017 00:12 EST

Afghanistan : les talibans accusés d'avoir tué 23 civils par vengeance

Les talibans sont accusés d'avoir tué 23 civils dans le sud de l'Afghanistan à la suite d'une opération avortée contre la police qui a fait 29 morts dans leurs rangs, ont annoncé vendredi des sources policières.

"L'attaque coordonnée menée jeudi contre des postes du district de Nesh", dans la province de Kandahar, "a été repoussée grâce à la résistance des forces de l'ordre", a affirmé dans un communiqué la police de cette province frontalière du Pakistan.

"Dans cette attaque, 29 talibans ont été tués et de nombreux autres blessés, des armes et des munitions ont été confisquées", a-t-elle ajouté.

Puis "l'ennemi s'est vengé de cette défaite brutale en tuant 23 civils dont cinq enfants et deux femmes", a poursuivi la police, selon laquelle les "talibans avaient cherché refuge dans les maisons des civils et, quand ceux-ci ont voulu s'y opposer, ils les ont tués".

Selon le commandant de la police du district, Niaz Mohammad, joint par l'AFP, les faits se sont déroulés entre mercredi et jeudi : "Après leur défaite, les talibans ont voulu se cacher dans les maisons et quand les civils ont montré leur opposition, les talibans les ont tués". "Six membres de la famille d'un policier figurent parmi les victimes. Au total, 23 personnes (des civils) ont été tuées entre mercredi et jeudi".

Un porte-parole des talibans, Qari Yousuf Ahmadi, contacté par l'AFP a démenti ces informations.

La population du district de Nesh, pourtant limitrophe de la province voisine de l'Uruzgan, où la production de pavot est élevée et où la présence des talibans est forte, est considérée comme progouvernementale et les insurgés islamistes y interviennent rarement.

Au cours des dernières offensives, en octobre, des talibans sur Kunduz, la capitale économique du nord-est de l'Afghanistan, frontalière du Tadjkistan, les civils qui avaient fui les combats par dizaines de milliers avaient accusé les insurgés de se cacher dans les maisons ou de chercher à y établir leurs positions.

Comme à Nesh, ils avaient raconté à l'AFP que ceux qui leur résistaient étaient tués.

La situation sur la plupart des fronts s'est apaisée ces dernières semaines à l'approche de l'hiver après une saison de combats particulièrement rudes qui ont fait près de 9.000 victimes, dont 2.600 morts, parmi les civils sur les neuf premiers mois de l'année, selon l'ONU, et au moins 2.000 morts depuis janvier dans l'armée, selon une source sécuritaire, sans compter un nombre record de personnes déplacées.

man-ach/bds