BIEN-ÊTRE
01/12/2016 11:42 EST

Le Texas s'apprête à rendre obligatoire les rites funéraires pour les foetus avortés

Le Texas s'apprête à rendre obligatoire la crémation ou l'incinération des foetus après un avortement ou une fausse couche. Une mesure qui a déjà été envisagée au Québec.

WASHINGTON, DC - JUNE 27:  Pro-choice and pro-life activists demonstrate on the steps of the United States Supreme Court on June 27, 2016 in Washington, DC. In a 5-3 decision, the U.S. Supreme Court struck down one of the nation's toughest restrictions on abortion, a Texas law that women's groups said would have forced more than three-quarters of the state's clinics to close. (Photo by Pete Marovich/Getty Images)
Pete Marovich via Getty Images
WASHINGTON, DC - JUNE 27: Pro-choice and pro-life activists demonstrate on the steps of the United States Supreme Court on June 27, 2016 in Washington, DC. In a 5-3 decision, the U.S. Supreme Court struck down one of the nation's toughest restrictions on abortion, a Texas law that women's groups said would have forced more than three-quarters of the state's clinics to close. (Photo by Pete Marovich/Getty Images)

Le Texas s'apprête à adopter une nouvelle législation qui forcerait la crémation ou l'incinération des foetus après une fausse couche ou un avortement. Une nouvelle réglementation qui est perçue par plusieurs comme un nouvel affront envers les droits reproductifs des femmes.

À l'heure actuelle, au Texas comme au Québec, les embryons et les foetus sont incinérés avec les déchets biomédicaux. Une pratique à laquelle s'oppose le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott. «J'estime qu'il est impératif d'établir des standards plus élevés pour démontrer que nous respectons la sainteté de la vie humaine», a écrit le gouverneur dans un courriel envoyé à ses donateurs politiques en juillet dernier.

Inquiétudes chez les pro-vie

La législation, qui doit entrer en vigueur le 19 décembre, a tôt fait de semer l'inquiétude chez les organismes de défense des droits des femmes, qui y voient un nouvel obstacle à l'avortement.

«La nouvelle règle cible les établissements de santé et les médecins sans aucun autre motif que de rendre plus difficile d'obtenir un avortement légal et sécuritaire au Texas. C'est tellement évident que ce qu'ils essaient de faire, c'est de priver les femmes du droit à l'avortement», a déclaré l'avocat pro-choix Blake Rocap au Dallas Morning News.

Beaucoup d'incertitude entoure aussi la question des coûts associés aux rites funéraires pour les foetus et les embryons. Si le ministère texan de la Santé affirme que les nouvelles procédures n'entraîneront pas de frais d'opérations supplémentaires, plusieurs craignent de voir la facture médicale des patientes augmenter après une fausse couche ou un avortement.

Le deuil périnatal, c'est compliqué

Au Québec, le gouvernement libéral de Jean Charest a déjà songé à mettre en place une législation similaire pour qu'on cesse de considérer les foetus et les embryons de moins de 500 grammes comme des déchets biomédicaux. L'intention était d'ouvrir la porte à une reconnaissance légale du deuil périnatal. Toutefois, comme au Texas, de nombreux organismes ont craint qu'une telle loi ne se transforme en une pente glissante vers l'interdiction de l'avortement.

Même sans l'absence d'une législation, il est déjà possible pour les familles qui le souhaitent de réclamer le corps et d'organiser leurs propres rites funéraires. Comme le rapportait La Presse l'an dernier, de nombreux hôpitaux de la province ont des ententes avec des maisons funéraires, qui prennent en charge le foetus ou l'embryon sans frais. Ceux-ci sont ensuite incinérés et – dans certains cas – leurs cendres peuvent même être inhumées.

Pour certaines femmes, la cérémonie funéraire est une étape importante du deuil périnatal. Au Texas, pendant les consultations publiques sur la loi proposée, une femme a raconté comment l'enterrement de son foetus l'avait aidée à traverser une fausse couche.

Mais ce n'est pas nécessairement vrai pour toutes les femmes. Pendant ces mêmes consultations, une autre femme – qui a dû subir un avortement à la suite d'un viol – a affirmé qu'elle aurait eu l'impression que l'État la forçait à revivre son viol si elle avait dû offrir des rites funéraires au foetus avorté.

Des témoignages qui expliquent sans doute pourquoi Québec a discrètement laissé tomber ses plans de légiférer sur la question en 2008.

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