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Bois d'oeuvre: Québec réclame à Ottawa des prêts et des garanties de prêts

Ottawa doit offrir des prêts et des garanties de prêts aux producteurs de bois d'oeuvre du Québec, pour qu'ils continuent à vendre leurs produits aux Américains, malgré le litige qui oppose présentement les deux pays.

Cette requête a été formulée mardi par la ministre de l'Économie, Dominique Anglade, et le ministre des Forêts, Luc Blanchette, entourés de plusieurs leaders de l'industrie forestière québécoise, qui ne cachaient pas leur inquiétude, en conférence de presse, en constatant la tournure des événements.

L'industrie forestière québécoise compte pas moins de 60 000 emplois et l'accès au marché américain pour le bois du Québec est considéré primordial. Des milliers d'emplois sont en jeu à court terme, particulièrement dans les usines de sciage en régions, qui exportent largement leur production vers les États-Unis.

L'industrie américaine du bois d'oeuvre a entamé vendredi dernier une nouvelle saga judiciaire, la cinquième en une vingtaine d'années, contre l'industrie canadienne, sous prétexte de protéger les emplois de ce secteur situés aux États-Unis.

Les ministres québécois, qui doivent compter sur Ottawa pour mener les négociations avec les Américains, se sont montrés inquiets devant la montée du protectionnisme au sud de nos frontières, tout en se disant confiants de pouvoir démontrer une fois de plus au Département du commerce des États-Unis que l'industrie québécoise n'est pas subventionnée, contrairement aux prétentions américaines.

Le temps presse, car des droits compensateurs sur le bois québécois exporté aux États-Unis pourraient s'appliquer dès le printemps prochain, d'où l'urgence d'obtenir un coup de pouce d'Ottawa le temps que les recours judiciaires aient pris fin, ont fait valoir les deux ministres.

La survie de l'industrie passera aussi, dans ce contexte, par une diversification des produits et des marchés explorés par le Québec, a fait valoir M. Blanchette.

Dans le passé, dans l'éternelle guerre judiciaire que se livrent le Canada et les États-Unis dans le dossier du bois d'oeuvre, le Canada est toujours sorti gagnant, a rappelé la ministre Anglade, estimant qu'il n'y avait aucune raison pour que ce soit différent cette fois-ci.

Pour augmenter ses chances de réussite et avoir voix au chapitre, le Québec a embauché dernièrement l'ex-ambassadeur canadien à Washington, Raymond Chrétien, pour négocier en son nom. Il sera aux États-Unis du 5 au 8 décembre pour rencontrer les représentants américains.

Le ministre Blanchette a fait valoir de son côté que le Québec avait adopté en 2013 un nouveau régime forestier qui fait en sorte que le quart de sa production est vendue aux enchères, ce qui influence le prix général obtenu pour la matière ligneuse québécoise, qui sert essentiellement à fabriquer des maisons. Cette approche de libre marché constitue le principal argumentaire en faveur du Québec, selon lui.

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