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28/11/2016 03:45 EST | Actualisé 29/11/2017 00:12 EST

Turquie: hommages un an après la mort par balle d'un avocat kurde

Qui a tué Tahir Elçi ? Un an après la mort par balle de ce célèbre avocat kurde, plusieurs rassemblements ont été organisés lundi à travers la Turquie pour honorer sa mémoire, mais aussi dénoncer les lenteurs de l'enquête.

Tahir Elçi, bâtonnier de l'ordre des avocats de Diyarbakir, principale ville du sud-est à majorité kurde de la Turquie, a été tué le 28 novembre 2015 d'une balle dans la tête au cours d'une fusillade entre la police et des hommes armés présentés par les autorités comme des rebelles du PKK.

La mort violente de ce défenseur de la cause kurde a choqué un pays ensanglanté par la reprise des combats entre forces de sécurité et membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un conflit qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984

Des centaines de personnes ont déposé des fleurs près d'une mosquée historique de Sur, à Diyarbakir, au pied de laquelle Tahir Elçi a été tué dans des circonstances encore non élucidées.

Des avocats vêtus de leur robe, certains tenant des portraits du bâtonnier tué, n'ont pu retenir leurs larmes, a constaté un photographe de l'AFP.

A Istanbul, plusieurs dizaines d'avocats se sont rassemblés devant le palais de justice de Bakirköy derrière une banderole proclamant "Nous n'oublierons jamais Tahir Elçi", selon une vidéaste de l'AFP.

Mais ces commémorations sont également marquées par la colère de ceux qui dénoncent la lenteur de l'enquête.

Un an après sa mort, "il n'y a ni acte d'accusation, ni témoin, ni suspect", a dénoncé la veuve du bâtonnier, Türkan Elçi, dans un entretien au quotidien d'opposition Cumhuriyet.

"Aucun progrès n'a été réalisé (...) pour identifier les auteurs de l'attaque et les sombres forces qui sont derrière", a également déploré Ahmet Özmen, qui a succédé à Tahir Elçi à la tête du barreau de Diyarbakir.

Le principal parti prokurde, le HDP, a été prompt à dénoncer un "assassinat politique", soutenant que la balle meurtrière avait été tirée par la police, des accusations rejetées par le gouvernement.

Quelques minutes avant que n'éclate la fusillade qui lui a coûté la vie, Tahir Elçi avait appelé dans un discours à mettre un terme aux combats dans le sud-est.

Il avait été brièvement détenu quelques jours auparavant dans le cadre d'une enquête pour "propagande terroriste" après avoir déclaré que le PKK, classé "organisation terroriste" par Ankara, était un "mouvement politique armé".

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