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28/11/2016 07:40 EST | Actualisé 29/11/2017 00:12 EST

Monténégro: un proche de Djukanovic désigné Premier ministre

Un proche de Milo Djukanovic, homme fort du Monténégro depuis un quart de siècle, a été désigné lundi Premier ministre par le Parlement lors d'une session boycottée par l'opposition unanime.

Le nouveau chef du gouvernement, Dusko Markovic, a répété la volonté du pouvoir d'intégrer l'Otan, malgré la très vive opposition de l'opposition prorusse qui avait organisé des manifestations émaillées de violences en 2015.

Ancien patron des services de renseignement monténégrins, le Premier ministre ne dispose que d'une très courte majorité (41 sièges sur 81), composée des élus de son parti démocratique des socialistes (DPS) associé aux formations représentant les minorités croate et bosniaque, ainsi qu'aux sociaux-démocrates.

Qu'elle soit ou non prorusse, l'opposition a boycotté cette session, estimant que le résultat des législatives du 16 octobre ne pouvait être entériné: le vote a été biaisé, selon elle, par ce que le parti au pouvoir avait décrit comme une tentative de coup d'Etat visant à renverser par la force, voire à tuer, le Premier ministre sortant Milo Djukanovic, pour proclamer la victoire de l'opposition.

Au pouvoir quasiment sans interruption depuis 1991, Milo Djukanovic a résolument engagé son pays vers l'Occident, souhaitant notamment que son pays adhère à l'Otan, au grand dam des prorusses.

Le jour du scrutin, avait été annoncée l'arrestation d'une vingtaine de Serbes, dont un ancien général de gendarmerie devenu opposant farouche à l'Otan dans la région.

Les contours exacts de ce complot restent mystérieux et les armes qu'ils étaient censés utiliser n'ont jamais été présentées.

Après le scrutin, Milo Djukanovic avait annoncé qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat de Premier ministre. Mais il garde le contrôle de son parti, le DPS.

Au Parlement lundi, son successeur, Dusko Markovic, a répété que son gouvernement "achèverait le processus d'accession du Monténégro à l'Otan". Mais il a aussi dit sa volonté de "surmonter les malentendus dans (les) relations avec l'allié historique russe".

L'opposition prorusse demande un référendum sur l'Otan, que Dusko Markovic a de nouveau rejeté lundi, estimant qu'elle ferait l'objet d'une ratification "sans délai" au Parlement.

Il s'est aussi fixé comme "objectif ambitieux" de terminer d'ici la fin 2019 les négociations d'adhésion à l'Union européenne.

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