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27/11/2016 23:08 EST | Actualisé 28/11/2017 00:12 EST

Le Bangladesh refoule des bateaux de Rohingyas

Plusieurs bateaux de Rohingyas fuyant les violences dans l'ouest de la Birmanie ont été refoulés lundi par le Bangladesh, malgré les appels à accueillir cette minorité musulmane dans le pays.

Des milliers de Rohingyas apeurés sont entrés clandestinement au Bangladesh la semaine dernière, apportant avec eux des récits de meurtres, de viols en réunion et de torture commis par les soldats birmans.

Huit embarcations tentant de franchir la rivière Naf, frontière naturelle entre le Bangladesh et l'Etat birman du Rakhine (ouest), ont été refoulées lundi, six dimanche, a indiqué à l'AFP le colonel Abuzar Al Zahid, responsable des garde-frontières de la ville de Teknaf.

"Il y avait 12 à 13 Rohingyas dans chacun des bateaux", a-t-il dit.

Dacca estime que des milliers de Rohingyas attendent encore de l'autre côté de la frontière pour tenter d'entrer sur son territoire sous couvert de la nuit.

Ignorant les appels à l'étranger aussi bien qu'à l'intérieur du pays à accueillir les réfugiés rohingyas, le Bangladesh a préféré enjoindre la Birmanie à prendre des "mesures urgentes" pour endiguer le flux de réfugiés.

Au cours des deux dernières semaines, plus d'un millier de Rohingyas, dont des femmes et des enfants, ont été empêchés d'entrer dans le pays, ont indiqué des responsables à l'AFP.

D'autres ont pu gagner avec difficulté le Bangladesh, comme Samira Akhter, qui a fui son village avec une cinquantaine d'autres personnes et a réussi à gagner un camp de réfugiés improvisé sur le sol bangladais.

"Les militaires ont tué mon mari et brûlé notre maison. J'ai couru à une colline avec mes trois enfants et des voisins. Nous y sommes restés cachés pendant une semaine", a déclaré cette femme de 37 ans jointe par téléphone par l'AFP.

Selon un leader de la communauté au Bangladesh, au moins 1.338 Rohingyas les ont rejoints depuis la mi-octobre.

D'après les Nations unies, 30.000 personnes ont été déplacées par ces violences qui ont fait des dizaines de morts depuis le début de l'opération de l'armée birmane à la suite d'attaques de postes de police début octobre.

L'un de ses responsables a estimé la semaine dernière que les exactions de l'armée birmane s'apparentaient à un "nettoyage ethnique".

La minorité musulmane des Rohingyas est perçue comme étrangère en Birmanie, bien que certains de ses membres y vivent depuis des générations.

Leur citoyenneté n'est pas reconnue. Ils vivent marginalisés de la société, dans des conditions misérables.

Une montée de nationalisme bouddhiste en Birmanie ces dernières années a attisé l'hostilité à leur encontre.

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