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28/11/2016 06:27 EST | Actualisé 29/11/2017 00:12 EST

L'ex-président ukrainien Ianoukovitch accuse Kiev d'être responsable du conflit dans l'Est

L'ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch, destitué en février 2014, a accusé lundi les autorités pro-occidentales arrivées au pouvoir à la suite du soulèvement du Maïdan d'être responsables du conflit meurtrier dans l'est de l'Ukraine.

"Malheureusement, des radicaux se sont emparés du pouvoir" à Kiev, a-t-il déclaré par vidéo-conférence depuis la région de Rostov dans le sud de la Russie.

M. Ianoukovitch était interrogé à distance en tant que témoin dans le cadre du procès de policiers anti-émeutes accusés par la justice ukrainienne d'avoir tiré sur les manifestants durant le soulèvement populaire du Maïdan, qui a mené à sa destitution et sa fuite en Russie.

"Dès la nuit du 21 au 22 février, ils se sont emparés de bâtiments publics puis de la résidence de Mejiguiria (qui lui appartenait, ndlr), et ensuite ils ont commencé à se préparer à imposer leur volonté à la population de l'est et du sud, qui désapprouvait ce qu'il s'était passé à Kiev", a-t-il affirmé.

"C'est ainsi qu'a commencé la guerre", a-t-il ajouté, affirmant que "le pouvoir actuel a déclenché la guerre en Ukraine".

Destitué par le parlement ukrainien après sa fuite de Kiev, M. Ianoukovitch est inculpé en Ukraine pour "meurtre de masse", "usurpation du pouvoir" et "vol de biens publics à grande échelle".

Il a de nouveau affirmé ne pas avoir donné l'ordre de tirer sur la foule. "Dès le début, j'ai été opposé à l'idée d'utiliser les armes, et opposé au bain de sang", a-t-il assuré.

La contestation pro-européenne du Maïdan, qui avait pris forme sur la place centrale de Kiev le 21 novembre 2013, s'était terminée trois mois plus tard après une sanglante répression et la mort d'une centaine de manifestants et d'une vingtaine de policiers dans des affrontements.

L'arrivée des pro-européens au pouvoir a été suivie par l'annexion en mars 2014 de la péninsule de Crimée par la Russie, et par le déclenchement d'un conflit avec des séparatistes prorusses dans l'est du pays, qui a fait à ce jour plus de 9.600 morts.

Kiev et les Occidentaux ont accusé Moscou d'intervenir militairelment pour soutenir les rebelles prorusses, ce que la Russie dément.

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