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28/11/2016 17:16 EST | Actualisé 29/11/2017 00:12 EST

Jean-Pierre Ferland dit ne pas avoir fait un album de «reprises»

MONTRÉAL — «Si Félix (Leclerc) était vivant, il me sauterait au cou», lance Jean-Pierre Ferland, visiblement heureux d'avoir pu rendre hommage sur l'album «Chansons jalouses» à certains de ses compagnons de route et artistes l'ayant influencé.

En entrevue au lancement, lundi soir, dans le Vieux-Montréal, il nous corrige tout de suite quand on parle d'un «album de reprises», disant ne pas avoir cherché à chanter ces pièces «le plus possible» comme le font leurs interprètes et auteurs — que ce soit «Mon ange» d'Éric Lapointe, «Bozo» de Félix Leclerc ou encore «Tout simplement jaloux» de Michel Rivard —, mais plutôt à se les approprier avec une touche personnelle.

«J'ai voulu rendre hommage à ceux que j'aime beaucoup, ce sont des amis, et eux m'ont vraiment appris à faire mon métier. Parce que quand on commence dans ce métier, il y a une compétition qui s'établit, et petit à petit, on devient des amis, et puis c'est l'inspiration qu'on donne à l'autre. (...) Ce sont les chansons que j'aime le plus, qui m'ont frappé et m'ont inspiré, et qui m'ont encouragé», explique l'auteur-compositeur-interprète.

Il nous relate aussi que Diane Tell a pleuré en écoutant son interprétation de la chanson «Si j'étais un homme» — devenue «Si j'étais ton homme» dans la bouche de Jean-Pierre Ferland — et qu'elle a parlé du «plus beau compliment» qu'elle ait eu durant sa carrière.

Puis, il se remémore la création du collectif de boîtes à chansons «Les Bozos» à la fin des années 1950 pour lequel il a été un instigateur, et ces moments où Félix Leclerc et lui-même se faisaient écouter, l'un et l'autre, leurs nouvelles pièces.

Ces artistes à qui il rend hommage, incluant Gilles Vigneault («J'ai pour toi un lac»), Léo Ferré («Est-ce ainsi que les hommes vivent?» de Louis Aragon), Mouffe et Robert Charlebois («Ordinaire»), Claude Dubois («Si Dieu existe») et Jacques Brel («La chanson des vieux amants»), il dit avec ferveur que ce sont des amis, mais aussi des gens qui l'ont inspiré «énormément».

À 82 ans, il lance pour la première fois un disque peuplé de chansons déjà popularisées par d'autres — à l'exception de «La musique», qu'il dit avoir «écrite avant que tout ce beau monde le fasse».

Accaparé par le travail sur la comédie musicale «La Femme du roi», qui a mis en musique l'histoire du duc et de la duchesse de Windsor, récit d'amour entre Édouard VIII et l'Américaine Wallis Simpson, Jean-Pierre Ferland a soudain «soif de chanter».

«Durant le travail sur la comédie musicale, j'avais soif de chansons. J'écrivais, j'écrivais, mais je ne chantais pas. Je me suis dit, "j'ai envie de chanter, qu'est-ce que je fais?" Je me suis dit, "on va faire un disque et je vais chanter les chansons de mes amis, des chansons que j'adore"», confie-t-il.

Quand on lui demande s'il souhaiterait une transposition sur scène, du style «Jean-Pierre Ferland et ses invités», il dit «ne pas avoir besoin de ça» et préférer les interpréter lors de rappels dans ses propres spectacles, des moments qui lui sont encore chers malgré de plus rares apparitions.

«On va se retrouver un soir tout le monde ensemble», laisse-t-il tout de même tomber, avant de retourner à la soirée de lancement, où quelques-uns de ses amis lui levaient à leur tour leur chapeau.