NOUVELLES
28/11/2016 04:47 EST | Actualisé 29/11/2017 00:12 EST

GB: Paul Nuttall relève le défi à la tête du parti Ukip

Elu lundi à la tête de l'Ukip, Paul Nuttall relève le difficile défi de succéder au charismatique Nigel Farage, allié de Donald Trump, dont le départ risque de fragiliser durablement le parti anti-immigration et pro-Brexit.

Favori du vote, Paul Nuttall, qui fête ses 40 ans mercredi, a devancé les deux autres candidats, Suzanne Evans et John Rees-Evans, pour s'emparer des rênes de la troisième force politique britannique avec 12,6% des voix aux législatives de 2015.

"C'est un nouveau départ, nous allons rassembler le parti et en terminer avec les divisions. Je veux qu'on remplace le parti travailliste et qu'on devienne la voix patriotique du peuple", a lancé le nouveau chef aux militants réunis à Londres.

"Le pays a plus que jamais besoin d'un Ukip fort" pour mener le pays vers "un vrai Brexit", a ajouté l'eurodéputé de Liverpool, triomphalement élu avec 62,6% des voix des militants, loin devant Evans (19,3%) et Rees-Evans (18,1%).

L'ancien leader adjoint au crâne chauve devient le troisième patron de l'Ukip en trois mois après la démission express en septembre de Diane James qui avait contraint Nigel Farage a revenir pour un bref intérim.

Miné par les divisions, en difficulté financière et en quête de sens après avoir accompli son rêve du Brexit, l'Ukip a "connu un été digne de Benny Hill", du nom de l'humoriste anglais, a reconnu lundi le président du parti, Paul Oakden.

Le parti craint surtout d'être orphelin de son leader historique Nigel Farage, l'un des principaux artisans de la sortie de l'Union européenne, qui a dit vouloir "récupérer sa vie" après la victoire du Brexit au référendum du 23 juin.

Depuis, Farage s'est trouvé une nouvelle vocation en soutenant Donald Trump dans sa conquête de la Maison Blanche et en s'affichant ostensiblement à ses côtés.

"Le Brexit a directement conduit à la défaite de l'establishment et à l'élection de Donald Trump", a souligné lundi Farage qui repart dès cette semaine aux Etats-Unis mais compte rester député européen pour l'Ukip à Strasbourg.

- Altercation au Parlement européen -

"A ceux qui pensent que 2016 a été une année horrible, je suis désolé de leur annoncer d'autres mauvaises nouvelles à venir", a-t-il insisté en citant les élections dimanche en Autriche et l'année prochaine aux Pays-Bas, en Allemagne et en France.

"Ces derniers mois n'ont pas été très glorieux pour l'Ukip", a admis Farage. "Mais sans nous, il n'y aurait pas eu de référendum" et l'Ukip a "joué un rôle déterminant" dans le Brexit, a-t-il ajouté lors de son dernier discours de leader.

Reste que l'Ukip, loin de rebondir sur le succès au référendum du 23 juin, a jusqu'ici montré une totale incapacité à gérer l'après-Farage.

Plutôt que de capitaliser sur le Brexit, le parti europhobe a fait les gros titres avec ses divisions. Celles-ci ont culminé lors de l'altercation entre deux de ses eurodéputés dans les couloirs du Parlement européen à Strasbourg qui a conduit à l'hôpital Steven Woolfe, un temps pressenti pour devenir leader.

L'intéressé a fini par claquer la porte de l'Ukip en octobre. D'autres défections ont ramené le nombre d'eurodéputés de l'Ukip de 24 à 20.

En outre, l'Ukip doit faire face aux accusations d'avoir financé, avec des fonds européens, sa campagne pour les législatives de mai 2015 et du référendum sur l'appartenance à l'UE.

Le Bureau du Parlement européen a réclamé le remboursement des fonds concernés tandis que la commission électorale britannique vient d'annoncer l'ouverture d'une enquête sur ces soupçons d'utilisation frauduleuse des deniers de l'UE.

Ce qui ne va pas arranger les finances du parti qui a vu plonger de 97% le montant des dons reçus du public entre le 1er juillet et fin septembre par rapport au trimestre précédent (soit 42.943 livres contre 1,25 million de livres), selon des chiffres de la commission électorale.

mc-jk/lpt