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28/11/2016 04:20 EST | Actualisé 29/11/2017 00:12 EST

Chypre: l'ONU cherche à ranimer des pourparlers de paix bloqués

L'émissaire de l'ONU pour Chypre Espen Barth Eide s'est entretenu lundi avec les deux dirigeants chypriotes pour tenter de ranimer les négociations de paix qui ont échoué la semaine dernière après avoir suscité "de très importants espoirs".

"Nous travaillons actuellement à faire en sorte de rétablir l'élan qui s'est créé, mais c'est une décision qui doit être prise par les dirigeants" de l'île, a affirmé M. Eide à des journalistes après s'être entretenu avec le président chypriote grec Nicos Anastasiades.

"J'essaie de faciliter (le processus) mais je ne peux pas prendre de décision" sans passer par eux, a-t-il indiqué.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé M. Anastasiades et le leader chypriote turc Mustafa Akinci à ne pas rater "une opportunité historique" pour la paix.

Chypre est divisée depuis l'invasion en 1974 par l'armée turque de la partie nord de l'île en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher le pays à la Grèce.

La République de Chypre, membre de l'Union européenne depuis 2004, n'exerce son autorité que sur la partie sud, où vivent les Chypriotes grecs. Les Chypriotes turcs habitent au nord, où une République turque de Chypre du Nord (RTCN) a été autoproclamée et n'est reconnue que par Ankara.

Les deux dirigeants chypriotes, qui négocient depuis mai 2015, avaient engagé un cycle de pourparlers en Suisse mais ils se sont séparés la semaine dernière sans parvenir à un accord, chaque partie accusant l'autre de l'échec des négociations.

Les deux délégations avaient pour mission de dessiner une carte avec des frontières internes délimitant les deux entités --chypriote turque et chypriote grecque-- qui formeraient une future fédération. Elles devaient aussi régler la question de la spoliation des biens.

"Compte tenu des espoirs très importants qu'avaient suscités ces rencontres, (leur échec) a refroidi l'enthousiasme qui s'était créé autour de ces pourparlers", a affirmé M. Eide.

"Pour ma part, je ne vois aucun problème insurmontable mais tout dépendra de la façon d'aborder les choses", a-t-il ajouté avant de se diriger vers la zone tampon à Nicosie pour rencontrer M. Akinci.

MM. Anastasiades et Akinci s'étaient fixé la fin de l'année 2016 pour parvenir à un accord, une date qui semble bien compromise. Tout accord serait soumis au vote par référendum dans chacune des deux parties de l'île, où ces pourparlers de paix ne font pas l'unanimité.

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