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28/11/2016 07:22 EST | Actualisé 29/11/2017 00:12 EST

Aucune preuve de fraude électorale pour étayer les affirmations de Trump

Le président élu des Etats-Unis Donald Trump était contredit lundi par experts et autorités locales sur l'existence de fraudes électorales massives, une accusation lancée alors que le parti vert et l'équipe d'Hillary Clinton ont demandé un nouveau dépouillement dans le Wisconsin.

Apparemment furieux que son ex-rivale de l'élection présidentielle du 8 novembre ait annoncé se joindre à la demande de vérification du scrutin dans le Wisconsin, Donald Trump a contre-attaqué en affirmant sur Twitter dimanche que des millions de personnes avaient voté illégalement, sous-entendu pour Hillary Clinton, qui a perdu l'élection tout en remportant le suffrage populaire. M. Trump a en effet obtenu plus de grands électeurs que la démocrate.

"Graves fraudes électorales en Virginie, dans le New Hampshire et en Californie - pourquoi les médias n'en disent-ils rien ?" a-t-il aussi accusé.

Dans ces trois Etats, la démocrate a remporté le scrutin. Aucune preuve d'irrégularités massives n'a été présentée par l'équipe de Donald Trump.

"Il semble que M. Trump soit gêné par le fait qu'une majorité croissante d'Américains n'ait pas voté pour lui. Ses accusations sans fondement de fraude électorale en Californie et ailleurs sont absurdes", a déclaré le secrétaire d'Etat de Californie, le démocrate Alex Padilla, responsable des scrutins dans ce grand Etat de l'Ouest.

En Virginie, le responsable des élections, Edgardo Cortés, a qualifié les accusation du président élu d'"infondées", dans un communiqué à l'AFP.

Dans le New Hampshire, où Hillary Clinton a recueilli 47,6% des voix contre 47,2% pour Donald Trump, les autorités n'ont pas réagi officiellement.

Mais la remise en cause de la sincérité du scrutin a choqué Thomas Rath, ancien ministre de la Justice de ce petit Etat du Nord-Est, et un cacique républicain proche de Mitt Romney.

"Je suis impliqué dans les lois électorales ici depuis 1978, et je peux vous assurer que nos élections sont propres", dit Thomas Rath à l'AFP. "Personne ne peut demander une élection parfaite, mais on peut exiger une élection juste, et je vous dis que le New Hampshire sait très bien organiser des élections".

Les experts secouent également la tête. "Il n'existe aucune preuve crédible de fraudes massives", dit à l'AFP le professeur Dan Tokaji, de l'Ohio State University. "Je n'ai même pas vu de preuve non crédible".

- Trucage 'très difficile' -

Même les alliés républicains de Donald Trump ont déploré qu'il ait lancé cette controverse.

"Il est président élu, il faut qu'il aille de l'avant", a déclaré le parlementaire républicain Chris Collins sur CNN. "Il faut tourner la page".

"Je ne sais pas de quoi il veut parler quand il parle de millions de voix", a dit sur la même antenne le sénateur de l'Oklahoma James Lankford.

Les résultats officiels n'ont pas encore été certifiés au niveau national, mais selon les données compilées par le Cook Political Report, Hillary Clinton a remporté 48,2% des suffrages contre 46,5% pour Donald Trump au niveau national, soit 2,2 millions de voix de plus.

Le républicain a obtenu 290 grands électeurs contre 232 pour la démocrate, et il devrait également obtenir les 16 grands électeurs de l'Etat du Michigan, où les résultats doivent être certifiés lundi par les autorités locales.

Le Michigan est l'un des trois Etats où la candidate du parti vert, Jill Stein, entend demander un nouveau dépouillement, avec le Wisconsin et la Pennsylvanie, où Donald Trump a obtenu quelques dizaines de milliers de voix d'avance sur plusieurs millions. Si Hillary Clinton avait remporté ces Etats, elle serait la présidente élue. Jill Stein a elle-même obtenu un score négligeable, mais sa contestation des résultats a donné un ultime espoir aux déçus issus de la gauche américaine.

L'avocat de l'équipe de campagne d'Hillary Clinton, Marc Elias, a annoncé samedi qu'elle se joindrait à cet effort "par principe", tout en reconnaissant que ces nouveaux dépouillements ne changeraient probablement pas les résultats.

Les experts sont du même avis.

"Je ne m'attends pas à ce que ces recomptages changent significativement les résultats, car c'est rarement le cas, en général les urnes électroniques fonctionnent bien, et il n'existe pas de preuve à ce jour qu'elles ont été manipulées", dit le professeur Dan Tokaji. "Truquer les élections à grande échelle est très difficile, car nos élections sont très décentralisées, elles sont organisées au niveau des comtés et parfois au niveau municipal, comme dans le Wisconsin."

ico/vog