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27/11/2016 23:49 EST | Actualisé 28/11/2017 00:12 EST

Alep, principal champ de bataille de la guerre en Syrie

La ville septentrionale d'Alep est l'un des principaux champs de bataille de la guerre civile en Syrie, qui en cinq ans et demi a fait plus de 300.000 morts.

Le régime syrien y mène une vaste offensive pour reprendre coûte que coûte le secteur rebelle qui lui échappe depuis 2012.

De la cité florissante et de sa vieille ville réputée dans le monde, il ne reste qu'un théâtre de désolation. Deuxième ville de Syrie avec 2,5 millions d'habitants avant la guerre, sa population est tombée à près d'1,5 million de personnes.

- Une ville multimillénaire -

Ancienne capitale économique et joyau architectural, Alep est l'une des plus vieilles villes du monde à avoir été constamment habitée, depuis au moins 4.000 ans avant J.-C., grâce à sa situation stratégique entre la Méditerranée et la Mésopotamie.

Située au carrefour de routes commerciales importantes, de nombreuses civilisations s'y succédèrent.

Spécialisée dans l'industrie manufacturière, notamment le textile, la métropole du Nord syrien était la deuxième ville de l'Empire ottoman au XIXe siècle.

En 1979, après un attentat contre l'Académie militaire d'Alep, le régime réagit durement contre les Frères musulmans - accusés d'avoir commis l'attentat - et néglige la cité, dont les commerçants ont soutenu la révolte de la confrérie islamiste.

Mais dans les années 1990, la ville retrouve une certaine prospérité, notamment grâce à ses activités commerciales et industrielles.

- Alep entre dans la guerre -

En avril-mai 2011, des milliers d'étudiants manifestent à Alep (nord), jusqu'alors relativement épargnée par le mouvement de contestation lancé à la mi-mars. Ils sont rapidement dispersés par des étudiants pro-régime et les services de sécurité.

Le 20 juillet 2012, de violents combats opposent, dans plusieurs quartiers, l'armée aux rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL, composée de civils ayant pris les armes et de déserteurs), les premiers du genre.

Depuis l'été 2012, la deuxième ville de Syrie est divisée entre secteurs loyalistes dans l'Ouest, où vivent 1,2 millions d'habitants, et quartiers tenus par les rebelles dans l'Est, où résident plus de 250.000 personnes.

Le 1er février 2016, le régime et ses alliés lancent une offensive contre les rebelles dans la province d'Alep.

En juillet-août, les forces gouvernementales encerclent les secteurs est d'Alep, coupant la dernière ligne d'approvisionnement vers les quartiers de l'opposition et imposant un blocus qui entraîne des pénuries de nourriture et de carburant.

Le 15 novembre, après près d'un mois d'accalmie, Damas lance une nouvelle campagne militaire pour reprendre le contrôle total de la ville.

- Un patrimoine détruit -

Inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 1986, la citadelle d'Alep, joyau de l'architecture militaire islamique du Moyen-Âge, a commencé à être édifiée au Xe siècle. Sa construction a pris trois siècles.

Mais en juillet 2015, une section des remparts de la citadelle s'est effondrée après l'explosion d'un tunnel dans la vieille ville. Auparavant, le minaret seldjoukide de la mosquée des Omeyyades s'était effondré, et le souk d'Alep, avec ses boutiques parfois centenaires, avait été partiellement détruit par les flammes.

acm/nbz