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26/11/2016 02:04 EST | Actualisé 27/11/2017 00:12 EST

Migrants: le pacte UE-Turquie "doit être respecté" (Juncker)

L'accord entre la Turquie et l'UE, qui a permis d'assécher le flux de passages clandestins vers l'Europe, "doit être respecté et il le sera", a affirmé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dans une interview samedi à un journal belge. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé vendredi d'ouvrir les frontières de la Turquie pour laisser passer les migrants vers l'Europe, au lendemain d'un vote du Parlement européen demandant le gel des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE.

"J'ai pris connaissance (de ces déclarations), tout comme j'en avais pris connaissance il y a plus d'un an, lors d'un entretien musclé, mâle et viril que j'avais eu avec Erdogan à Antalya. Nous avons conclu un accord, il doit être respecté et il le sera", déclare le chef de l'exécutif européen dans l'entretien publié samedi par le quotidien La Libre Belgique.

Louant tout d'abord la période où Recep Tayyip Erdogan était Premier ministre (2003-2014), au cours de laquelle la Turquie "a fait beaucoup de progrès en matière de qualité démocratique", M. Juncker ajoute que "depuis deux ans ou presque", elle "prend des distances par rapport aux valeurs et principes européens".

"Je constate qu'Erdogan et son gouvernement sont en train de +préculpabiliser+ l'Europe pour l'échec des négociations d'adhésion", poursuit l'ancien Premier ministre luxembourgeois.

Jean-Claude Juncker relève que le blocage actuel découle notamment du fait que la Turquie "refuse pour l'instant" d'engager une réforme de sa législation antiterroriste, l'une des conditions posées par l'UE.

"Au lieu de remettre cet échec sur le dos de la l'Union européenne et de la Commission, M. Erdogan ferait bien de commencer à se demander s'il n'est pas responsable du fait que les citoyens turcs ne seront pas autorisés à circuler librement sur le territoire européen. La Turquie veut-elle oui ou non devenir membre de l'Union? Il serait bon que nos partenaires turcs s'interrogent", estime M. Juncker.

Soulignant que le Parlement européen n'a "aucune compétence" quant à la poursuite ou non des négociations d'adhésion avec Ankara, une décision qui relève des 28 Etats-membres, le chef de la Commission juge toutefois que la prise de position de l'assemblée de Strasbourg --qu'il ne "partage pas entièrement sur le fond"-- constitue néanmoins un "signal d'alarme dont la Turquie ne devrait pas sous-estimer la portée".

siu/at