NOUVELLES
26/11/2016 05:07 EST | Actualisé 27/11/2017 00:12 EST

Les Koweïtiens votent dans un climat politico-économique mouvementé

Les Koweïtiens se rendaient aux urnes samedi pour élire leur septième Parlement en seulement une décennie dans ce riche émirat agité depuis des mois par la réduction des subventions gouvernementales, consécutive à la chute des revenus pétroliers.

Ce scrutin législatif est marqué par le retour de la plupart des groupes de l'opposition, dont les islamistes, qui avaient boycotté les deux précédentes élections.

Il fait suite à la dissolution le 16 octobre du Parlement, provoquée par une fronde de députés à la suite à des mesures d'austérité et, en particulier, l'augmentation des prix des produits pétroliers, un thème qui a été au coeur de la campagne électorale.

"Le prochain Parlement doit empêcher le gouvernement d'augmenter les prix", explique Maasooma Abdallah, retraitée, à la sortie d'un des bureaux de vote du pays, où des espaces distincts sont réservés aux quelque 483.000 hommes et femmes appelés à voter.

Le scrutin doit se clore à 17H00 GMT et les résultats seront connus dimanche.

"Le retour de l'opposition (au Parlement) est nécessaire pour trouver un équilibre politique", assure Ibrahim Al-Tulaihi devant un bureau de vote au sud de la capitale Koweït. "Ils sont plus capables de surveiller les actions du gouvernement".

Dans ce pays de 4,4 millions d'habitants, dont 70% d'étrangers, qui se targue d'avoir été la première monarchie du Golfe dotée d'un système parlementaire (en 1962), le Parlement dispose de certaines prérogatives, notamment de contrôle de l'action du gouvernement et des ministres.

Mais le pouvoir réel demeure entre les mains de la famille des Al-Sabah, qui règne depuis 250 ans.

Trente personnalités de l'opposition parmi les 293 candidats, dont 14 femmes, sont en compétition pour les 50 sièges du Parlement et leurs résultats constituent l'un des enjeux du scrutin.

La moitié des candidats de l'opposition sont issus de mouvements islamistes, le reste étant des nationalistes et des libéraux.

- 'Corruption' -

"Le problème ce ne sont pas les finances, c'est la gestion du gouvernement et la corruption", indique à l'AFP le candidat islamiste Hamad al-Matar, qui pense que l'opposition va remporter la majorité des sièges.

Lors de rassemblements électoraux, des opposants ont appelé à de vastes réformes démocratiques, à la lutte contre la corruption et à la justice sociale.

Ils ont notamment critiqué les mesures d'austérité et la réduction des subventions gouvernementales, décidées pour faire face à la chute des revenus pétroliers.

C'est justement la remise en cause de l'Etat-providence qui a fédéré candidats de l'opposition et progouvernementaux durant la campagne.

Des experts doutent toutefois que ces élections apportent la stabilité parlementaire au Koweït qui a connu des périodes agitées, en particulier entre 2006 et 2013.

Quelle que soit l'issue du scrutin, le prochain gouvernement sera dirigé par une personnalité influente de la famille régnante des Al-Sabah. Les postes-clés des Affaires étrangères, de l'Intérieur et de la Défense ont ainsi toujours été détenus un de ses membres.

Des milliers de policiers ont été mobilisés pour assurer la sécurité du scrutin. L'an dernier, le Koweït avait connu l'attentat le plus meurtrier commis sur son sol quand 26 fidèles avaient été tués dans une attaque suicide contre une mosquée chiite, perpétré par un Saoudien lié au groupe Etat islamique.

Membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), l'émirat produit environ 3 millions de barils par jour et, grâce à cette manne, les Koweïtiens ont été habitués aux largesses de l'Etat, qui ne perçoit pas d'impôts et fournit presque gratuitement les services essentiels.

Mais la chute des prix du pétrole s'est traduite par un déficit budgétaire de 13,7 milliards d'euros au dernier exercice fiscal, après 16 ans d'excédents.

oh/ras/mer/bpe/vl