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26/11/2016 00:08 EST | Actualisé 26/11/2017 00:12 EST

Les Koweïtiens votent dans un climat politico-économique mouvementé

Les Koweïtiens se sont rendus aux urnes samedi pour élire leur septième Parlement en seulement une décennie dans ce riche émirat agité depuis des mois par la réduction des subventions gouvernementales, consécutive à la chute des revenus pétroliers.

Les bureaux de vote ont ouvert à 08H00 (05H00 GMT) et doivent fermer 12 heures plus tard. Les résultats seront connus dimanche.

Ces élections législatives anticipées font suite à la dissolution le 16 octobre du Parlement, provoquée par une fronde de députés suite à des mesures d'austérité et, en particulier, l'augmentation des prix des produits pétroliers.

"Le prochain Parlement doit empêcher le gouvernement d'augmenter les prix", soutient une retraitée, Maasooma Abdallah.

"Le gouvernement doit commencer à taxer les riches et accorder plus d'attention aux segments (de la population) à bas revenus", renchéri Maha Khorshid, employée au ministère de l'Education.

Ce scrutin est marqué par le retour de la plupart des groupes de l'opposition, dont les islamistes, qui observaient un boycott depuis quatre ans pour protester contre un amendement de la loi électorale.

Le Koweït se targue d'avoir été la première des monarchies du Golfe à se doter d'un système parlementaire en 1962.

Le Parlement dispose de certains pouvoirs, notamment de contrôle de l'action du gouvernement et des ministres. Mais le pouvoir réel reste entre les mains de la famille des Al-Sabah, qui règne depuis 250 ans.

Trente personnalités de l'opposition parmi les 293 candidats sont en compétition pour les 50 sièges du Parlement et leurs résultats constitue l'un des enjeux du scrutin, selon des analystes.

La moitié des candidats de l'opposition sont issus de mouvements islamistes, le reste étant des nationalistes et des libéraux.

Lors de rassemblements électoraux, des opposants ont appelé à de vastes réformes démocratiques, à la lutte contre la corruption et à la justice sociale.

Ils ont notamment critiqué les mesures d'austérité et la réduction des subventions gouvernementales, décidées pour faire face à la chute des revenus pétroliers.

C'est justement la remise en cause de l'Etat-providence qui a fédéré candidats de l'opposition et progouvernementaux durant la campagne.

- Déficit budgétaire -

Des experts doutent que ces élections apportent la stabilité parlementaire au Koweït qui a connu des périodes agitées, en particulier entre 2006 et 2013.

Quelle que soit l'issue du scrutin, le prochain gouvernement sera dirigé par une personnalité influente de la famille régnante des Al-Sabah. Des membres de cette famille ont toujours détenu les postes-clés des Affaires étrangères, de l'Intérieur et de la Défense.

Le scrutin se déroule dans 100 bureaux de vote établis dans des écoles, avec des espaces distincts pour les hommes et pour les femmes.

Des milliers de policiers ont été mobilisés. En juin 2015, 26 fidèles avaient été tués dans un attentat suicide contre une mosquée chiite, perpétré par un Saoudien lié au groupe jihadiste Etat islamique, l'attentat le plus meurtrier jamais commis au Koweït.

Le Koweït compte une population de 4,4 millions de personnes, dont 70% sont étrangères. Parmi les 1,23 million de Koweïtiens, seuls 483.000 sont habilités à voter.

L'âge pour voter a été fixé à 21 ans et les femmes représentent 52,3% de l'électorat. Quatorze candidates sont en lice.

Membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), le Koweït produit environ 3 millions de barils/jour et renferme 7% des réserves pétrolières mondiales. Les Koweïtiens ont été habitués aux largesses de l'Etat, qui ne perçoit pas d'impôts et fournit presque gratuitement les services essentiels.

Mais la chute depuis la mi-2014 des prix du pétrole s'est traduite par un déficit budgétaire de 13,7 milliards d'euros au dernier exercice fiscal, après 16 ans d'excédents.

oh/ras/mer