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26/11/2016 10:20 EST | Actualisé 27/11/2017 00:12 EST

Espagne: manifestation contre des mises en examen pour terrorisme

Plusieurs milliers d'Espagnols ont manifesté samedi à Alsasua (nord) pour protester contre la "démesure judiciaire" ayant suivi selon eux l'agression de deux gardes civils dans un bar de la localité, assimilée à un délit de "terrorisme" par la justice.

Des élus municipaux d'Alsasua et des proches des jeunes hommes arrêtés ou écroués marchaient en tête de la manifestation silencieuse, organisée dans cette commune bascophone (7.500 habitants) de la région de Navarre, frontalière avec le Pays basque, selon les reportages de différentes chaînes de télévision.

Le cortège est passé devant le bar où, le 15 octobre au petit matin, deux gardes civils - en dehors de leurs heures de service - et leurs compagnes auraient été roués de coups par plusieurs dizaines de personnes, selon les premiers éléments de l'enquête.

Le 26 octobre, la juridiction espagnole chargée des affaires de terrorisme avait ouvert une enquête sur cette agression collective en estimant que les faits pouvaient "constituer un délit de terrorisme".

L'Audience nationale avait été saisie par un collectif regroupant notamment des victimes de l'organisation séparatiste armée basque ETA.

Cette semaine, une juge de l'Audience nationale a mis en examen neuf jeunes âgés de 19 à 24 ans, dont sept ont été placés en détention provisoire comme participants présumés à l'agression.

Dans un communiqué publié avant la manifestation, le conseil municipal de la localité a manifesté son "désaccord avec la qualification pénale des faits comme délit de terrorisme, ainsi qu'avec les détentions et mesures préventives prises" qu'il considère "inutiles".

Tout en écrivant que les "faits n'auraient jamais dû se produire", la municipalité a exprimé sa solidarité avec les familles des jeunes mis en cause et critiqué "le surdimensionnement" de l'affaire.

La porte-parole du gouvernement de Navarre, María Solana, participait à la manifestation et a déploré "un acharnement judiciaire".

Le Pays basque et la Navarre ont subi jusqu'en 2009 plusieurs décennies de violences de l'organisation ETA à laquelle sont attribués au moins 829 morts en 40 ans, dont de nombreux policiers et gardes civils.

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