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26/11/2016 07:02 EST | Actualisé 27/11/2017 00:12 EST

Castro, champion de l'internationalisme, des guérilleros aux médecins

Guérilleros ou médecins, par centaines de milliers les Cubains ont accompli leur "devoir internationaliste" à l'étranger, pour répondre à l'ambition de Fidel Castro d'exporter sa Révolution.

"Plus d'un demi-million de Cubains ont accompli des missions internationalistes en tant que techniciens ou combattants. Nous avons créé la culture de l'internationalisme contre le chauvinisme", disait avec fierté Fidel Castro en 2006, l'année où, malade, il devait renoncer au pouvoir.

Un seul ennemi, partout et toujours : les Etats-Unis. A peine arrivé au pouvoir en 1959, il fait de Cuba la terre d'accueil - et d'entraînement à la guérilla - de tous les militants d'extrême gauche pourchassés par les dictatures sud-américaines, soutenues par Washington en pleine Guerre froide.

La guérilla au Venezuela en 1960, les insurgés algériens en 1961, l'Argentine en 1963 et, bientôt, le Vietnam, recevront armement, conseillers militaires, agents secrets, médecins, infirmiers, instituteurs et appui logistique cubains.

Fidel Castro fait d'Ernesto "Che" Guevara, médecin argentin rencontré au Mexique en 1955 et qui devient à son côté un héros de la guérilla, le meilleur label de la Révolution sur tous les continents et sous le sceau du tiers-mondisme.

Le "Che" s'efforce en vain de faire naître une guérilla au Congo avant d'échouer définitivement en 1967 en Bolivie, où il est sommairement exécuté.

En octobre 1963, les Marocains découvrent stupéfaits un bataillon de tankistes cubains fort de 2.000 hommes en face d'eux, pendant leur conflit frontalier avec l'Algérie.

Et dès 1965, les services de renseignement portugais réalisent que les cadres de la guérilla des colonies d'Angola ou de Guinée Bissau sont formés à La Havane.

- L'armée en blouse blanche -

La capitale cubaine est dans ces années 60 la Mecque des révolutionnaires du monde entier. Seul le Mexique sera épargné en Amérique latine, en souvenir de l'exil accordé à Castro. Dans tous les autres pays, il reconnaîtra avoir fomenté la "Révolution".

Il aura été secondé dans cette tâche par un maître-espion, le "Comandante" Manuel Piñeiro, dit "Barbe Rouge", et ses hommes du "Département Amérique" du Parti communiste cubain. Jusqu'à sa mort dans un accident de voiture à La Havane en 1998.

Mais, pour Fidel Castro, les "plus belles pages d'internationalisme" ont été écrites sur les champs de bataille d'Angola, où plus de 400.000 Cubains ont servi 15 ans durant contre la guérilla de Jonas Savimbi, soutenue par l'Afrique du Sud.

L'armée cubaine a aussi laissé, plus brièvement, son empreinte en Ethiopie (1977-1978) et dans l'ancien Congo belge (1965).

Au Nicaragua en 1979, les conseillers cubains participent à l'assaut final à Managua qui chasse le dictateur Anastasio Somoza et porte les sandinistes au pouvoir. Pendant qu'au Salvador, la guérilla reçoit, via Cuba, l'armement américain abandonné au Vietnam.

La chute du Mur de Berlin en 1989 et l'implosion de l'URSS deux ans plus tard, marquant la fin définitive de la Guerre froide, mettent un terme aux espoirs du leader cubain d'allumer d'autres foyers.

L'heure est maintenant à l'internationalisme médical de "L'armée en blouse blanche" cubaine.

Depuis 1960, date à laquelle Cuba avait envoyé pour la première fois un contingent de médecins après un tremblement de terre au Chili, le régime communiste des frères Fidel et Raul Castro a dépêché pas moins de 135.000 membres du personnel médical dans le monde.

Aujourd'hui encore, quelque 50.000 médecins et autres employés du secteur de la santé effectuent des "missions" dans 66 pays d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie, selon le ministère cubain de la Santé.

Le Venezuela, allié et soutien financier de Cuba depuis la fin de l'URSS, accueille la plus grande partie de ces coopérants.

En outre, quelque 23.000 jeunes venus de pays pauvres étudient gratuitement la médecine à Cuba, dont les "brigades médicales" ont aidé les victimes de nombreux séismes, de l'Algérie au Mexique en passant par le Pakistan et l'Arménie.

Plus récemment, Cuba s'était présenté en fer de lance de la lutte contre Ebola en Afrique de l'Ouest. Avec un effectif de 461 personnes sur le terrain fin 2014, l'île avait dépêché le contingent médical le plus important fourni par un Etat pour combattre le virus hémorragique.

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