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25/11/2016 03:38 EST | Actualisé 26/11/2017 00:12 EST

Présidentielle française: guerre froide Hollande-Valls

Si la droite française est en passe de choisir son candidat pour la présidentielle de 2017, une guerre froide oppose à gauche le président François Hollande à son Premier ministre autour de l'investiture socialiste.

Le président sortant, très impopulaire, entretient le suspense quant à son éventuelle candidature à la primaire socialiste organisée en janvier. Il doit se prononcer d'ici au 15 décembre, date de clôture des candidatures.

De son côté, le chef du gouvernement, Manuel Valls, s'impatiente, manifestement prêt à relever le gant.

"Il faut que ça aille mieux", a résumé récemment le porte-parole de l'exécutif, Stéphane Le Foll, confirmant une dégradation de leurs relations depuis un ouvrage de confidences du président à deux journalistes du quotidien Le Monde qui n'en finit pas de faire des vagues.

Entre rumeurs d'appel contre François Hollande, ou pour Manuel Valls, guerre d'influence au Parlement, petites phrases assassines des entourages, la tension a atteint ces dernières semaines son paroxysme.

"Les hollandais portent désormais une kalachnikov en bandoulière", lâche un proche de Manuel Valls.

Ce dernier développe depuis plusieurs semaines ce qui ressemble de plus en plus à un programme présidentiel. Cette semaine, il y a ajouté un chapitre en expliquant sa vision d'une "mondialisation au service des peuples" dans une tribune de presse.

Dans un autre entretien, publié vendredi, le Premier ministre, interrogé sur ses ambitions présidentielles pour 2017, se dit même "très déterminé" à "ne pas abandonner la gauche".

Quant à une possible candidature de François Hollande, le Premier ministre n'exprime aucun souhait en ce sens et formule même trois "exigences" pour qu'elle soit possible: "Tenir compte du seul intérêt de la France, de la gauche et de sa famille politique".

- Majorité déboussolée -

Manuel Valls qui s'inquiète de la capacité du président à créer un "choc positif" en se présentant, essaie de mettre une pression maximale pour le convaincre de renoncer. "Pour ma part, je n'ai renoncé à rien", a-t-il confié cette semaine à des proches.

"Si le président pense que de toute façon il est candidat, que je serai derrière lui, que j'irai coller des affiches, parler dans le train, faire des déambulations, là c'est non. Je me poserai la question de ce que je devrai faire", a-t-il prévenu, selon les mêmes sources.

Dans une majorité déboussolée par la publication du livre "Un président ne devrait pas dire ça..." (éditions Stock), des proches de M. Valls ne cachent plus leur mission "stop Hollande", entamée discrètement il y a quelques semaines.

"Nous sommes nombreux à poursuivre le même objectif, avec détermination, avec sérieux: faire en sorte que François Hollande renonce à être candidat à sa propre succession", a ainsi asséné jeudi le député socialiste Malek Boutih.

"Valls a totalement envie d'y aller. Il est totalement lié à la décision du président. Ca doit être terrible pour lui", résume un ministre, en évoquant sa loyauté affichée depuis son arrivée à Matignon en mars 2014.

La droite sera de son côté fixée sur son candidat à la présidentielle dès dimanche, après le second tour de sa primaire qui se joue entre deux anciens Premiers ministres, François Fillon et Alain Juppé.

Les proches du président socialiste voient comme une opportunité pour ce dernier la victoire annoncée par les instituts de sondage de François Fillon, incarnant une "droite dure" qui se revendique de Margaret Thatcher.

François Hollande peut se targuer d'un autre point positif avec une petite baisse du chômage constatée en octobre. Il a lié depuis longtemps sa candidature à la présidentielle de 2017 à une baisse "crédible" du chômage. "La bataille porte ses fruits", s'est réjoui jeudi le président français.

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