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25/11/2016 08:24 EST | Actualisé 26/11/2017 00:12 EST

La Grèce "inquiète" de la menace turque sur l'accord migratoire avec l'UE

Le ministre-adjoint grec à la Défense, Dimitris Vitsas a exprimé vendredi "l'inquiétude" d'Athènes après la menace de la Turquie d'ouvrir ses frontières pour laisser passer réfugiés et migrants vers l'Europe.

"Utiliser les réfugiés et migrants pour atteindre des objectifs autres (que ceux relatifs à la gestion des flux) est un acte d'agression", a jugé M. Vitsas, réagissant sur la chaîne de télévision Star à la menace brandie par le président turc Recep Tayyip Erdogan.

"Ce genre de déclarations nous inquiètent et nous sommes vigilants", a-t-il ajouté, soulignant que la Grèce "ne veut en aucun cas que tombe l'accord UE-Turquie" visant à couper la route migratoire égéenne.

"La Grèce fera tout pour maintenir cet accord", a-t-il ajouté.

L'entrée en vigueur de ce pacte en mars a tari les arrivées sur les îles grecques de l'Égée orientale situées en face des côtes turques, par où un million de personnes avaient transité de Turquie vers l'Europe à partir de 2015.

L'accord a aussi bloqué sur ces îles quelque 16.000 réfugiés et migrants, voués en principe au renvoi en Turquie, au prix de nombreuses tensions dans les camps migratoires et entre exilés et habitants.

La Grèce accuse l'Europe de ne pas tenir ses engagements à l'aider à faire face à cette situation. "L'essentiel est que l'Europe, et pas seulement la Turquie, respecte ses obligations envers la Grèce", a ainsi souligné le ministre.

Après des semaines d'échanges acerbes entre Ankara et Bruxelles, M. Erdogan a dégainé vendredi l'arme migratoire lors d'un discours à Istanbul, s'attirant la réprobation allemande et française.

"Lorsque 50.000 migrants se sont amassés au poste-frontière de Kapikule (à la frontière turco-bulgare), vous avez crié à l'aide. Vous avez commencé à vous demander: +Que ferons-nous si la Turquie ouvre ses frontières ?+", a lancé à l'adresse de l'Europe le chef de l'État turc.

"Ecoutez-moi bien. Si vous allez plus loin, ces frontières s'ouvriront, mettez-vous ça dans la tête", a-t-il ajouté.

cb/mr