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24/11/2016 20:45 EST | Actualisé 25/11/2017 00:12 EST

GB: nouvelle tentative de l'Ukip pour remplacer Farage

Le parti europhobe britannique Ukip, englué dans une crise de succession couplée à une enquête sur son utilisation de fonds européens, va enfin connaître lundi le nom de celui qui remplacera son leader charismatique Nigel Farage.

Trois candidats sont en lice: l'ancien chef-adjoint du parti Paul Nuttall, qui fait figure de favori, l'ancienne présidente adjointe Suzanne Evans et John Rees-Evans, un ancien soldat. L'ex-candidat Ukip à la mairie de Londres Peter Whittle, un temps partant, s'est retiré de la course début novembre et a appelé les membres du parti à choisir Paul Nuttall lors du scrutin qui s'achève vendredi soir.

Nuttall affirme être le seul capable de "rassembler" un parti en proie aux luttes internes depuis la décision cet été de Nigel Farage de céder les rênes pour "récupérer sa vie" après la victoire du Brexit au référendum de juin. Une victoire dont le pourfendeur de l'Union européenne a été l'un des principaux artisans.

Loin de prendre sa retraite cependant, Nigel Farage s'est trouvé une nouvelle vocation en soutenant Donald Trump dans sa conquête de la Maison Blanche. Il est désormais propulsé meilleur ami britannique du président élu -qui contre tout usage diplomatique a estimé qu'il ferait "un excellent" ambassadeur aux Etats-Unis-, ce qui lui permet de continuer à faire la Une des médias.

Rebondissant avec humour sur la déclaration de Trump, Farage a accueilli ses invités, lors d'une soirée organisée au Ritz cette semaine, avec un grand plateau de Ferrero Rocher en référence à une célèbre publicité vantant la présence de ces chocolats aux "réceptions de l'ambassadeur".

2016 a été "l'année d'une grande révolution politique", a-t-il trompeté à ses invités, en référence au vote pour le Brexit et à l'élection de Trump.

Mais son exubérance a du mal à cacher la crise existentielle traversée par son parti qui, loin de rebondir sur le succès au référendum du 23 juin, a jusqu'ici montré son incapacité à gérer l'après-Farage.

- Ukip 'ingouvernable' sans Farage -

Elue en septembre pour lui succéder, Diane James a jeté l'éponge moins de trois semaines après sa nomination, faute d'avoir eu selon elle le plein soutien de ses collègues. Lundi, elle a annoncé qu'elle quittait le parti pour cause de relations "de plus en plus difficiles".

Steven Woolfe, un temps favori, a lui aussi claqué la porte de l'Ukip en octobre, peu après une altercation avec un autre eurodéputé Ukip dans les couloirs du Parlement européen à Strasbourg, qui l'a conduit à l'hôpital.

"Je suis arrivé à la conclusion que l'Ukip est ingouvernable sans Nigel Farage pour le diriger, et la cause du référendum pour le rassembler", a-t-il expliqué.

Ces défections, et celles auparavant d'Amjad Bashir et Janice Atkinson, ramènent le nombre d'eurodéputés de l'Ukip de 24 à 20.

En outre, l'Ukip doit faire face aux accusations d'avoir financé sa campagne aux législatives de mai 2015 et lors du référendum sur l'appartenance à l'UE avec des fonds européens.

Le Bureau du Parlement européen a réclamé le remboursement de 421.000 euros tandis que la commission électorale britannique vient d'annoncer l'ouverture d'une enquête sur ces soupçons d'utilisation frauduleuse des deniers de l'UE.

Sous la houlette de Farage, l'Ukip est devenu la troisième force politique britannique après avoir obtenu le vote de 3,8 millions d'électeurs (12,6% des votes) aux dernières législatives. Malgré ce score, il n'a pu avoir qu'un député élu en la personne de Douglas Carswell.

L'objectif principal de son futur leader, outre surveiller le processus du Brexit, sera d'améliorer ce résultat.

Suzanne Evans, une ex-journaliste à la radio BBC, a souligné que ce n'est qu'en séduisant davantage les femmes et les minorités que l'Ukip pourra atteindre ce résultat.

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