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25/11/2016 18:00 EST | Actualisé 26/11/2017 00:12 EST

France: ultime offensive des ténors de la droite pour se qualifier pour la présidentielle

Le favori de la primaire de la droite française François Fillon et son rival Alain Juppé ont jeté leurs dernières forces dans la bataille avant le second tour de dimanche, avec l'espoir de se placer en pole position pour la présidentielle de 2017.

"Rien n'arrête un peuple qui se lève pour dire ce qu'il a sur le coeur", a lancé François Fillon, ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, devant une marée de drapeaux tricolores et des milliers de partisans rassemblés vendredi soir à Paris, en défendant "un projet qui assume sa radicalité et qui revendique ses audaces".

"Ce soir, j'ai confiance dans la victoire", a répliqué en écho l'ancien Premier ministre Alain Juppé lors d'un meeting à Nancy, dans l'est de la France, espérant faire mentir les sondages qui promettent plus de 60% des suffrages à son adversaire.

Face à une gauche impopulaire et divisée, le vainqueur du scrutin de dimanche a toutes les chances, selon les sondages, d'être élu président en mai face à la chef de file de l'extrême droite Marine Le Pen.

"La primaire de dimanche prochain, en vérité, tout le monde le sent bien, c'est le premier tour de l'élection présidentielle", a résumé Alain Juppé. "Je pense que pour battre Marine Le Pen, je suis mieux placé avec mon programme", a-t-il martelé, en se présentant comme un "libéral-social" face à un rival "hyperlibéral".

Jeudi, lors de l'ultime duel télévisé de cette primaire, une procédure inédite pour la droite française, l'ampleur des réformes préconisées par les deux hommes a constitué leur principal terrain d'affrontement.

M. Fillon, 62 ans, porteur d'un projet aux accents thatchériens, a dessiné une France "à bout de souffle" qu'il était temps de "débureaucratiser".

Son rival, 71 ans, Premier ministre du président Jacques Chirac dans les années 1990, puis ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, s'est posé en rassembleur d'un pays "riche de sa diversité" et a jugé "impossible" d'imposer aux Français de "travailler plus pour gagner moins".

Taxé de "mollesse" pendant la campagne, il a été accusé par François Fillon de ne "pas vouloir vraiment changer les choses".

Selon un sondage de l'institut Elabe réalisé après l'émission, François Fillon a été jugé plus convaincant par 57% des téléspectateurs, contre 41% pour Alain Juppé.

Selon un autre sondage effectué jeudi soir et vendredi par l'institut Opinionway, François Fillon, qui a enregistré 16 points d'avance sur Alain Juppé au premier tour, est donné gagnant à 61% contre 39% pour le second tour.

- Se battre 'jusqu'au bout' -

"Je vais me battre jusqu'au bout avec la volonté de gagner", a assuré M. Juppé.

Signe de l'immense intérêt suscité par ce scrutin, plus de 8,5 millions de Français ont suivi le débat diffusé sur deux chaînes de télévision, soit trois millions de téléspectateurs supplémentaires par rapport au précédent débat.

Longtemps considéré comme un outsider, François Fillon a créé la surprise au premier tour de la primaire dimanche 20 novembre en arrivant en tête avec plus de 44% des suffrages, sur un programme très libéral en économie et conservateur sur les questions de société.

M. Juppé est arrivé loin derrière (28%) alors qu'il avait fait la course en tête pendant des mois dans les sondages. Autre coup de théâtre: l'ancien président Nicolas Sarkozy, 61 ans, a été sèchement éliminé.

Pour tenter d'"inverser la vapeur", Alain Juppé a attaqué dans l'entre-deux-tours.

François Fillon est un "ultralibéral" dont le programme est "brutal", a-t-il lancé en référence à la promesse de son rival de supprimer un demi-million de postes de fonctionnaires en cinq ans.

Il l'a aussi qualifié de "traditionaliste", soulignant qu'il avait émis des réserves à titre personnel sur l'avortement compte tenu de sa foi catholique et qu'il bénéficiait de soutiens d'opposants au mariage gay et même d'une partie de l'extrême droite.

"Je ne m'excuse pas d'avoir des valeurs", a rétorqué François Fillon, qui refuse d'être "caricaturé en conservateur moyenâgeux".

Quelle que soit l'issue du scrutin, il sera suivi d'une accélération dans le camp socialiste, qui prévoit d'organiser à son tour une primaire en janvier et demande aux prétendants de se déclarer avant le 15 décembre.

L'impopulaire président François Hollande, dont l'annonce sur une éventuelle nouvelle candidature est imminente, semble voir d'un bon oeil la victoire annoncée de François Fillon. Selon ses proches, le programme de M. Fillon ferait figure de "chiffon rouge" pour les électeurs de gauche.

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