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25/11/2016 11:00 EST | Actualisé 26/11/2017 00:12 EST

Côte d'Ivoire: le procès des disparus du Novotel reporté à une date ultérieure

Le procès dit "des disparus du Novotel" qui devait commencer lundi a être reporté à une date non précisée, a déclaré l'avocat des familles des victimes, quatre personnes, dont deux Français, enlevées et assassinées en 2011 à Abidjan en pleine crise post-électorale ivoirienne.

"Je viens d'apprendre que le procès est reporté. Ils ont changé le président. Je ne sais pas si c'est une désorganisation excusable ou une manipulation inexcusable", a commenté à l'AFP Me Pierre Olivier Sur. La nouvelle date de début de procès devait être annoncée lundi par le tribunal, a-t-il ajouté.

Le directeur du Novotel d'Abidjan, Stéphane Frantz Di Rippel, Yves Lambelin, directeur général de Sifca, plus grand groupe agro-industriel ivoirien et figure du patronat local, son assistant béninois Raoul Adeossi et le Malaisien Chelliah Pandian, directeur général de Sania, filiale de Sifca, avaient été enlevés le 4 avril 2011 dans Abidjan livrée aux combats par un commando militaire.

Ils ont été conduits au palais présidentiel, où ils ont été torturés puis tués, selon le gouvernement du président Alassane Ouattara, installé après l'arrestation le 11 avril de son prédécesseur Laurent Gbagbo à l'issue de quatre mois de crise post-électorale, dont deux semaines de guerre.

Le corps d'Yves Lambelin est le seul à avoir été formellement identifié. La mort des trois autres victimes a été établie sur la base de témoignages et d'indices. Les corps ont été jetés dans la lagune d'Abidjan.

L'affaire avait été très médiatisée en raison de la présence de nombreux journalistes dans l'hôtel. Beaucoup estiment avoir été sauvés par son directeur, M. Frantz Di Rippel, qui a été décoré de la Légion d'honneur à titre posthume en 2012, ainsi que par M. Lambelin.

Ce report est un coup dur pour les familles qui avaient prévu de faire le déplacement à Abidjan.

Selon l'acte d'accusation, dix personnes devaient dans le box: cinq, dont le général Brunot Dogbo Blé qui commandait la Garde républicaine, pour "séquestration et assassinat", les autres répondront "d'enlèvement" et/ou de "disparition de cadavres".

pgf/jlb